la seconde armée, et l’un des souverains allemands dépouillés de leursÉtats par la nouvelle confédération du Rhin. Plein de passions et d’or-gueil, il devait à quelques hardiesses heureuses, dans la guerrede 1792, la réputation d’un général habile et entreprenant. Cetteréputation, fort peu méritée, avait suffi pour lui inspirer l’ambitiond’être indépendant du généralissime, et d’agir d’après ses inspirationspersonnelles. Il en avait adressé la demande au roi, qui, n’osant niaccéder ni résister à ses désirs, avait souffert à côté du commandementen chef un commandement secondaire , mal défini, tendant à l’isole-ment et à l'insubordination. Voulant attirer la guerre à lui, le princede Ilohenlohe s’efforcait d’établir le théâtre des opérations principalessur la haute Saale , où il se trouvait, tandis que le duc de Brunswickaspirait à le fixer derrière la forêt de Thuringe , où il était venuse placer. De ce triste conflit devaient naître bientôt les plus fâcheusesconséquences. Venaient ensuite les déclamateurs, comme le généralRuchel, celui qui s’était permis d’offenser M. d’Haugwitz, le princeLouis, qui avait si fort contribué à entraîner la cour, décidés les unset les autres à ne favoriser que le plan qui aboutirait à l’offensive im-médiate, dans la crainte d’un retour vers les idées pacifiques, et d’unaccommodement entre Frédéric-Guillaume et Napoléon. Parmi cesgénéraux, et contrastant avec eux, se faisait remarquer le maréchalKalkreutli, moins âgé que les uns, moins jeune que les autres, supé-rieur à tous par ses talents, propre encore aux fatigues quoique ayantpris une part glorieuse aux campagnes du grand Frédéric, jouissant dela confiance de l’armée et la méritant, jugeant la guerre actuelleextravagante, le chef chargé de la diriger incapable, disant déplus sonopinion avec une hardiesse qui contribuait à ébranler profondémentl’autorité du généralissime. G’est par lui que l’armée aurait voulu êtrecommandée , bien qu’en présence des soldats français et de Napoléonil n’eût peut-être pas mieux fait que le duc de Brunswick lui-même. Aces personnages militaires étaient venus s’ajouter divers personnagescivils, M. d’Haugwitz, premier ministre, M. Lombard, secrétaire duroi, M. de Lucchcsini, ministre de Prusse à Paris , plus une quantitéde princes allemands, entre autres l’électeur de Hesse , qu’on cher-chait vainement à entraîner dans la guerre, et, enfin, complétant cepêle-mêle, la reine avec quelques-unes de ses dames, montant àcheval, et se montrant aux troupes qui la saluaient de leurs acclama-i tions. Lorsque les gens sensés demandaient ce que faisait là cette per-
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