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LIVRE XXV.
sonne auguste, qui, par son rang et son sexe, semblait si déplacée dansun quartier général, on répondait que son énergie élait utile, qu’elleseule soutenait le roi, l’empêchait de faiblir, et on alléguait ainsi pourexcuser sa présence une raison non moins inconvenante que sa pré-sence elle-même.
M. d’IIaugwitz, M. Lombard, et tous les anciens partisans de l’al-liance française, essayaient d’obtenir leur pardon par un désaveu peuhonorable de leur conduite antérieure. MM. d’Haugwitz et Lombard,qui avaient assez d’esprit pour juger ce qui se passait sous leurs yeux,et qui auraient dû se retirer quand la politique de paix était devenueimpossible, pour laisser à M. de Ilardenbcrg les conséquences de lapolitique de guerre, affectaient au contraire la plus grande chaleur desentiments, afin qu’on crût à la sincérité de leur retour. Ils poussaientla faiblesse jusqu’à se calomnier eux-mêmes, en insinuant que leurattachement à l’alliance française n’avait été de leur part qu’une feintepour tromper Napoléon, et pour différer une rupture qu’ils pré-voyaient , mais dont le roi, toujours ami de la paix, leur avait impé-rieusement commandé de reculer le terme. Se ‘donner comme desfourbes autrefois, afin de passer pour des hommes sincères aujourd’hui,n’était ni bien habile, ni bien honorable. Tout ce que gagnaitM. d’Haugwitz à se conduire de la sorte, c’était de perdre en un jourle mérite d’une politique sage qui lui appartenait, pour assumer laresponsabilité d’une politique désastreuse qui lui était étrangère.
Il y avait alors en Allemagne un pamphlétaire spirituel et éloquent,ennemi ardent de la France , et dont les passions patriotiques, quoiquevraies, n’étaient pas entièrement désintéressées, car il recevait descabinets de Vienne et de Londres le prix de ses diatribes : ce pam-phlétaire était M. de Gentz. C’est lui qui depuis plusieurs années écri-vait les manifestes de la coalition, et remplissait les journaux de l’Eu-rope de déclamations virulentes contre la France . MM. d’Haugwitz etLombard l’avaient appelé au quartier général prussien, pour qu’ilvoulût bien rédiger le manifeste de la Prusse, et ils en étaient, devantcet auteur de libelles, aux prières, aux caresses, aux excuses, l’acca-blant de prévenances et de marques de distinction , jusqu’à le pré-senter à la reine elle-même, et à lui ménager des entrevues avec cetteprincesse. Après l’avoir souvent dénoncé à la France comme un boute-feu vendu à l’Angleterre, ils le suppliaient en ce moment d’enflammercontre cette même France tous les cœurs allemands.il l’avaient chargé