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en outre d’être auprès de l’Autriche la caution de leur sincérité, s’ex-cusant de combattre si tard l’ennemi commun, par l’assurance del’avoir détesté toujours.
C’est au milieu de celte étrange réunion de militaires, de princes,de ministres, d’hommes, de femmes, tous se mêlant d’opiner, de con-seiller, d’approuver ou de blâmer, qu’on discutait la politique et laguerre. M. d’Haugwitz, qui cherchait à prolonger ses illusions, commeil avait cherché à prolonger son pouvoir, tâchait de persuader à chacunque tout allait bien, très-bien, beaucoup mieux qu’on n’aurait pu l’es-pérer. Il se vantait d’avoir trouvé chez l’Autriche des dispositionsextrêmement amicales, et parlait même de communications secrètesqui faisaient présager le concours prochain de cette puissance. Il célé-brait la générosité de l’empereur Alexandre, et publiait, à titre denouvelle certaine, l’arrivée immédiate des troupes russes sur l’Elbe . Ildonnait comme acquise l’adhésion de l’électeur de Hesse , et l’adjonc-tion à l’armée prussienne de 50,000 Hessois, les meilleurs soldats dela confédération. Enfin il annonçait la réconciliation soudaine de laPrusse avec l’Angleterre, et le départ d’un plénipotentiaire britanniquepour le quartier général prussien. M. d’Haugwitz ne pouvait [croirecependant à la vérité de ces nouvelles, car il savait que l’Autriche ,gardant le souvenir de la conduite tenue à son égard, se joindrait à laPrusse le jour seulement où Napoléon serait vaincu, c’est-à-direquand on n’aurait presque plus besoin d’elle ; que les troupes russes arriveraient surTElbc dans trois ou quatre mois, c’est-à-dire à uneépoque où la question serait décidée; que l’électeur de Hesse , tou-jours astucieux, attendait le résultat de la première bataille pour seprononcer ; que l’Angleterre enfin, dont la réconciliation avec laPrusse était en effet certaine, ne pouvait fournir que de l’argent,tandis qu’il aurait fallu des soldats pour les opposer aux terribles sol-dats de Napoléon. Il savait que la question consistait toujours à vaincreavec l’année prussienne, réduite à ses propres forces, énervée par unelongue paix, commandée par un vieillard, l’armée française constam-ment victorieuse depuis quinze ans, et commandée par Napoléon.Mais cherchant à tromper les autres, et à se tromper lui-même, unjour, une heure de plus, il semait des bruits auxquels il ne croyaitpas, et s’efforcait de couvrir de quelques ombres le précipice où l’onmarchait.
On n'était pas dans de meilleures dispositions d’esprit pour discuter