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IÉNA . 51

donnât une seconde fois le spectacle des Allemands surpris, battusdésarmés, avant l’arrivée de leurs auxiliaires du Nord,

Ainsi la prudence enseignait qu’il fallait, au lieu de s’avancerjusqu’aux montagnes boisées qui séparent la vallée de l’Elbe de celledu Rhin, se tenir tout simplement en masse derrière d’Elbe , seulebarrière qui pût arrêter les Français , leur en disputer le passage dumieux qu’on pourrait, puis, l’Elbe franchi par eux, se retirer surl’Oder, et de l’Oder sur la Vistule , jusqu’à ce qu’on eût rejoint lesRusses , en tâchant de ne livrer que des actions partielles, lesquelles,sans.rien compromettre, auraient rendu aux Prussiens l’habitude de laguerre, qu’ils avaient perdue depuis longtemps. C’est quand on auraitpu réunir cent cinquante mille Prussiens à cent cinquante milleRusses., dans les plaines tour à tour fangeuses ou glacées de la Pologne ,que les difficultés sérieuses auraient commencé pour Napoléon.

Ce netait pas du génie, nous le répétons, mais du simple bon sensqu’il fallait pour concevoir un tel plan. D’ailleurs un Français , un'grand général, Duinouriez, qui avait autrefois sauvé la France contre cememe duc de Brunswick, et qui depuis, dépravé par l’exil, tâchait deconseiller nos ennemis, sans en être écouté, Dumouriez envoyait mé-moires sur mémoires aux cabinets européens , pour leur apprendre quese,retirer, en opposant à Napoléon les distances, le climat, la faim et lesruines, était le plus sur moyen de le combattre. Napoléon lui-mèmele pensait si bien que, lorsqu’il fut inform é que les Prussiens s’avan-çaient au delà de l’Elbe , il refusa d’abord de le croire 1 .

1 Voici, un fragment de lettre qui révè'e la manière de penser de Napoléon à cetégard :

A M- le maréchal prince de Neuchâtel.

Saint-Cloud , 24 septembre 1806.

Mon cousin, je vous envoie la copie des ordres de mouvement de l’armée, que jevous ai adressés le 20 du courant au matin, et que je suis fâché de ne pas vous avoirenvoyés douze heures après le départ de mon courrier du 20 septembre, parce qu’ilaurait pu être intercepté. Cependant je n’ai pas lieu de le craindre. Vous aurez dûrecevoir, le 24 à midi, mon premier courrier du 20. Quand la présente vous par-viendra, ce qui sans doute aura lieu le 27, des ordres auront été donnés au maré-chal Soult, qui sera parti dès le 26 ; et, comme il lui faut trois ou quatre jours demarche pour se rendre à Amberg , il pourrait y être le 30, quoiqu’il n’ait l’ordreque d’y être le 3. Vous recevrez le présent courrier le 27, afin que vous accélériezle mouvement du maréchal Soult. Il importe qu’il arrive vite à Amberg ^ puisque.l’eimemi est à Hof extravagance dont je ne le croyais pas capable > pensant qu’ilresteraitsw la défensive ie long <le l'Elite,,. Signé Najoléoi».