LIVRE XXV.
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disputa sur ce sujet longuement et violemment. Le prince de Hohen-lohe fit encore surgir, par le moyen de son chef d’état-major, l’idéed’opérer par la haute Saale , et de franchir les défilés, au débouchédesquels Napoléon avait rassemblé ses troupes. On combattit cetteidée du côté du duc de Brunswick, et on fit de nouveau sentir lesavantages de la position prise derrière la forêt de Thuringe . Les deuxgénéraux en chef soutinrent ainsi une lutte opiniâtre par l’intermé-diaire de leurs officiers d'état-major. Il n’y eut, au reste, d’accordnulle part. Tandis que le duc de Brunswick était en vive contestationavec le prince de Hohenlohe , M. d’IIaugwitz disputait avec M. deLucchesini, et soutenait, à propos des dispositions pacifiques prêtées àNapoléon , qu’il n’était plus temps d’y compter. Au choc des idéesvint se joindre le choc des passions, et le général Ruchel se permitune nouvelle offense envers M. d’Haugwitz. Chacun n’emporta de cedébat qu’une plus grande confusion d’esprit, et une plus profondeamertume de cœur. Le roi surtout, qui cherchait avec bonne foi às’éclairer, qui n’osait se fier h scs lumières, et qui sentait l’imminencedu danger, le roi avait l’âme navrée. Dans l’impossibilité de se fixer,le conseil, éprouvant le besoin de mieux connaître les véritables réso-lutions de Napoléon, s’était arrêté au projet d’une reconnaissancegénérale, exécutée simultanément par les trois principaux corps d’ar-mée du prince de Hohenlohe , du duc de Brunswick et du généralRuchel. Le roi fit modifier cette singulière conclusion, en réduisantles trois reconnaissances à une seule, qui serait dirigée par le colonelde Muffling, officier u’état-major du duc de Brunswick, sur cettemême route d’Eisenach à Scliweinfurt, vers laquelle Napoléon sem-blait faire quelques préparatifs de défense. Ordre fut donné au princede Hohenlohe de continuer la concentration de l’armée de Silésie surla haute Saale , en laissant le général Tauenzien, avec le détachementde Bayreuth, en observation vers les défilés de la Franconie . A cettemesure militaire on ajouta une mesure politique, ce fut d’envoyer àNapoléon une note définitive, pour lui signifier les résolutions irré-vocables de la cour de Prusse. On devait exposer dans cette note lesrapports qui avaient existé entre les deux cours, les mauvais procédésdont la France avait payé les bons procédés de la Prusse , l’obligationoù était le cabinet de Berlin d’exiger une explication qui portât surtous les intérêts en litige, et qui fût précédée par une démarche ras-surante pour l’Allemagne , c’est-à-dire par la retraite immédiate des