1ÉNA. 87
Iroupes françaises en deçà du Rhin . On demandait cette retraite àjour fixe, et on voulait quelle commençât le 8 octobre.
Assurément, si on souhaitait encore la paix, la note projetée étaitun moyen fort mal imaginé pour la maintenir, car c’était méconnaîtreétrangement le caractère de Napoléon, que de lui adresser une somma-tion de se retirer à jour fixe. Mais tandis que le duc de Brunswick etle roi cherchaient à se ménager une dernière chance de paix, enrestant derrière la forêt de Thuringe , ils étaient forcés, pour contenterles furieux qui poussaient à la guerre, de faire quelques démonstra-tions apparentes de fierté, se soumettant ainsi aux caprices d’unearmée qui s’était transformée en multitude populaire, et qui criait,exigeait , ordonnait, comme fait la multitude quand on lui livre lesrênes.
Voilà comment les Prussiens avaient dépensé le temps que Napoléonemployait de son côté en préparatifs si actifs et si bien conçus. Nes’arrêtant pas à Wurtzbourg, il s’était rendu à Bamberg , où il diffé-rait son entrée en Saxe jusqu’à un dernier mot de la Prusse , qui fitpeser sur elle, et non sur lui, le tort de l’agression. Sa droite , com-posée des corps des maréchaux Soult et Ney , était en avant de Bay-reulh, prête à déboucher par le chemin de Bayrcuth à Hof , sur lahaute Saale . Son centre, formé des corps des maréchaux Bcrnadolteet Davoust, précédé de la réserve de cavalerie, et suivi de la garde àpied, se trouvait à Kronach , n’attendant qu’un ordre pour s’avancerpar Lobenstein sur Saalbourg et Sclileitz. Sa gauche, consistant dansles corps des maréchaux Lannes et Augereau, faisant vers Iiildburg-hausen des démonstrations trompeuses , devait au premier signal sereporter de gauche à droite, de Gohourg vers Neustadt, afin de débou-cher par Grafenthal sur Saalfeld . Ces trois colonnes avaient à parcourirles défilés étroits, bordés de bois et de rochers, qui mettent en com-munication la Francouie avec la Saxe, et qui viennent aboutir sur lahaute Saale . Toutefois la frontière de la Saxe n’était pas encore fran-chie, et on se tenait sur le territoire franconien , le pied levé pourmarcher. La garde impériale n’était pas, il est vrai, réunie tout entière;il manquait la cavalerie et l’artillerie de cette garde, qui n’avaient puvoyager en poste comme l’infanterie; il manquait aussi les compagniesd’élite et le grand parc. Mais Napoléon avait sous la main environ170,000 hommes, et c’était plus qu’il n’en fallait pour accabler l’arméeprussienne. 1