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LIVRE XXV.

En recevant le 7 la note de la Prusse, il fut extrêmement courroucé.Le major général Bertliier, se trouvait auprès de lui. « Prince, luidit-il, nous serons exacts au rendez-vous; et le 8, au lieu d’être enFrance , nous serons en Saxe. » Il adressa sur le champ la proclama-tion suivante à son armée :

« Soldats,

» L’ordre pour votre rentrée en France était parti ; vous vous étiez» déjà rapprochés de plusieurs marches ; des l'êtes triomphales vous» attendaient! Mais lorsque nous nous abandonnions à cette trop» confiante sécurité, de nouvelles trames s’ourdissaient sous le masque» de l’amitié et de l’alliance ! Des cris de guerre se sont fait entendre» à Berlin . Le même esprit de vertige qui, à la faveur de nos dissen-» sions intestines, conduisait, il y a quatorze ans, les Prussiens au» milieu des plaines de la Champagne , domine encore dans leurs» conseils. Si ce n’est plus Paris qu’ils veulent renverser jusque dans» ses fondements, ce sont aujourd’hui leurs drapeaux qu’ils se vantent» de planter dans les capitales de nos alliés, ce sont nos lauriers» qu’ils veulent arracher de notre front ! Ils veulent que nous évacuions» l’Allemagne à l’aspect de leur armée... Soldats, il n’est aucun de» vous qui veuille retourner en France par un autre chemin que celui» de l’honneur. Nous ne devons y rentrer que sous des arcs de» triomphe. Aurions-nous donc bravé les saisons, les mers, les» déserts, vaincu l’Europe plusieurs fois coalisée contre nous, porté» notre gloire de l’orient à l’occident, pour retourner aujourd’hui dans» notre patrie comme des transfuges, après avoir abandonné nos alliés,» et pour entendre dire que l’aigle française a fui épouvantée à l’aspect* des aigles prussiennes? Malheur donc à ceux qui nous provoquent !» Que les Prussiens éprouvent le même sort qu’ils éprouvèrent il y a» quatorze ans ! Qu’ils apprennent que, s’il est facile d’acquérir un ac-» croissement de domaines et de puissance avec l’amitié du grand» peuple, son inimitié est plus terrible que les tempêtes de l’Océan. »

Le lendemain 8 octobre, Napoléon donna l’ordre à toute l’armée defranchir la frontière de la Saxe. Les trois colonnes dont elle se compo-sait s’ébranlèrent à la fois. Murat, qui précédait le centre, entra lepremier à la tête de la cavalerie légère et du 27 e léger, et lança ses esca-drons par le défilé du milieu, celui de Kronach à Lobenstein. A peinearrivé au delà des hauteurs boisées qui séparent la Franconie de la