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buter l’infanterie ennemie. Le prince Louis, quand même il aurait eude la guerre une expérience qui lui manquait, n’avait dans cette posi-tion aucun bon parti à prendre. Il commença par se porter vers soninfanterie, afin de soutenir le choc de la division Suchet. Mais, aprèsdes efforts de bravoure dignes d'un meilleur emploi, il vit ses bataillonsrompus, et poussés confusément sur les murs de Saalfcld. Ne sachantoù donner de la tète, il courut à sa cavalerie, pour charger les deuxrégiments de hussards, qui avaient suivi le mouvement de nos tirail-leurs. Il les chargea avec impétuosité, et parvint d’abord à les repous-ser. Mais ces deux régiments ralliés, et ramenés vigoureusement enavant, rompirent sa nombreuse cavalerie, et la poursuivirent avec unetelle ardeur, que, réduite à l’impossibilité de se reformer, elle se jetaen désordre dans les marécages de la Schwartza. Le prince, revêtu d’unbrillant uniforme, paré de toutes scs décorations, se comportait dansla mêlée avec la vaillance qui convenait à sa naissance et à son carac-tère. Deux de ses aides de camp se firent tuer à côté de lui. Bientôtentouré, il voulut se sauver, mais son cheval se trouva embarrassédans une haie, et il fut obligé de s’arrêter. Un maréchal des logis du10' de hussards, croyant avoir affaire à un officier d’un grade élevé,mais nullement à un prince de sang royal, courut à lui, en criant :o Général, rendez-vous! '> Le prince répondit à cette sommation parun coup de sabre. Le maréchal des logis, lui portant alors un coup depointe au milieu de la poitrine, le renversa mort à bas de son cheval.On entoura le corps du prince, qui fut reconnu, et déposé, avec tousles égards dus à son rang et à son infortune, dans la ville de Saalfcld.Les troupes prussiennes et saxonnes, car il y avait sur ce point des uneset des autres, privées de chef, enfermées dans un coupe-gorge, s'échap-pèrent comme elles purent, nous abandonnant vingt bouches à feu,400 morts ou blessés, et un millier de prisonniers.
Tel fut le début de la campagne. Les premiers coups de la guerre,comme le dit le lendemain Napoléon dans le bulletin de la journée, ve-naient de tuer l’un de ses auteurs. On était si près les uns des autres,que Napoléon à Schleitz entendait le canon de Saalfeld , que le princede Hohenlohe l’entendait de son côté sur les hauteurs de Mittcl-Pôll-nitz, et que vers Iéna , sur la ligne occupée par la grande armée prus-sienne, on percevait distinctement ses roulements lointains. Tous leshommes sensés dans l’armée prussienne en frémissaient comme d’unsignal qui annonçait de tragiques événements. Napoléon , discernant