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LIVRE XXV.
le point d’où partaient ces détonations, envoya un renfort à Lannes,et une foule d’officiers pour chercher des nouvelles. De son coté, leprince de Hohcnlohe rôdait à cheval, sans donner d'ordres, et en ques-tionnant les allants et venants sur ce qui se passait. Triste spectacleque de voir tant d’incapacité et d’imprudence , en lutte avec tant devigilance et de génie !
Quelques heures après, les fuyards apprenaient aux deux armées lerésultat de la première rencontre, et la fin tragique du prince Louis,fin bien digne de sa vie, sous le double rapport de l’imprudence et ducourage. Les Prussiens purent juger ce qu’il fallait attendre de leursavante tactique, opposée à la manière de faire, simple , pratique etrapide, des généraux français .
La consternation se répandit de Saalfeld à léua et à Weimar . Leprince de Hohenlohe , informé déjà par ses propres yeux du découra-gement qui s’était emparé des troupes du général Tauenzien , l’espritfrappé de l’échautfourée de Saalfeld, se porta de sa personne à Iéna , etfil circuler dans tous les sens l’ordre de rebrousser chemin vers laSaale , afin de sc couvrir de cette rivière, si toutefois, après tant demouvements contradictoires, on pouvait se flatter d’y arriver à temps !C’était le troisième contre-ordre donné à ces malheureux, qui nesavaient plus ce qu’on voulait d’eux, et qui n’étaient pas habitués,comme les Français , à faire plusieurs marches en un jour, et à vivrede ce qu’ils sc procuraient en marchant. Quelques fuyards du corpsbattu à Saalfeld , courant vers léua, et tirant sans motif, comme dessoldats s’en allant à la débandade , furent pris pour des tirailleursfrançais . A leur aspect, une terreur indicible se répandit parmi lesnombreux conducteurs de bagages. Tous se mirent à fuir en désordre,à se précipiter vers les ponts de la Saale , et de ces ponts dans les ruesd’iéna. En peu d’instants ce fut une affreuse confusion, fâcheux présagedes événements qui allaient suivre.
Napoléon, instruit du combat de Saalfeld , et pressé de ramener sesailes vers son centre, à mesure qu’il sortait des défilés par lesquels ilétait entré en Saxe, prescrivit à Lannes, non pas de descendre la Saale ,ce qui l’aurait trop éloigné de lui, et trop rapproché de l’ennemi, maisde faire un mouvement à droite, et de se porter par Posneck etNeusladl vers Auma , où était fixé le quartier général. Augercaudevait remplir le vide laissé entre la Saale et le corps de Lannes.Ordonnant à sa droite un meme mouvement de concentration, Napoléon