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LIVRE XXV.
bordent cette rivière, si elle voulait y rester sur la défensive. Quantà lui, il se tint, avec les maréchaux Ney et Soult, à portée de Naum-bourg et d’Iéna, prêt à marcher sur l’un ou l’autre point, suivant lescirconstances.
te 13 au matin, des avis plus circonstanciés lui apprirent quel’ennemi se rapprochait définitivement de la Saalc, avec la résolutionencore incertaine de livrer sur ses bords une bataille défensive, ou dela passer pour courir à l’Elbe. C’était dans la direction de Weimar àIéna que se montrait le plus gros rassemblement. Sans perdre uninstant, Napoléon monta à cheval pour se rendre à Iéna . Il donna lui-même ses instructions aux maréchaux Soult et Ney, et leur prescrivitd’être dans la soirée à Iéna , ou au plus tard dans la nuit. Il enjoignità Murat de ramener sa cavalerie vers Iéna, et au maréchal Bernadotte de prendre à Dornbourg une position intermédiaire entre Iéna etNaumbourg . Il partit immédiatement, envoyant des officiers pourarrêter tout ce qui était en marche vers Géra, et le faire relluer sur Iéna .
La veille au soir, le maréchal Davoust était entré à Naumbourg , avaitoccupé le pont de la Saale , et enlevé des magasins considérables, avecun bel équipage de pont. Le maréchal Bernadotte s’était joint à lui. Muratavait envoyé sa cavalerie légère jusqu’à Leipzig, et surpris les portes decette grande cité commerçante. Lannes s’était porté sur Iéna , petite villeuniversitaire, située sur les bords mêmes de la Saale , et y avait refoulépêle-mêle les troupes ennemies restées en deçà de la rivière, ainsi queles bagages qui encombraient la route. Il s’était emparé d’Iéna , et avaitaussitôt poussé ses avant-postes sur les hauteurs qui la dominent. Deces hauteurs, il avait aperçu l’armée du prince de Hohenlohe , qui, aprèsavoir repassé la Saale, campait entre Iéna et Weimar ; et il avait pusoupçonner qu’un grand rassemblement se préparait en cet endroit.
Effectivement l’armée prussienne y était réunie, et prête à prendre sesdernières déterminations. Le prince de Hohenlohe s’était décidé à obéiraux ordres du duc de Brunswick, et à repasser la Saale , pour se joindreà la grande armée prussienne. Il aurait atteint cette position en meilleurordre, et sans perdre ses bagages, s’il avait obéi plus tôt. Ses troupes yétaient rassemblées confusément, et sans vivres, ne sachant pas s’en pro-curer , en demandant vainement à l’armée principale, qui en possédait toutjuste assez pour elle-même. Les Saxons, dont la conduite avait été hono-rable, mais que le hasard des événements avait fait figurer dans les deuxpremières rencontres, et qui voyaient leur pays livré sans défense aux