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LIVRE XXV.

l’enleva également, et on put alors se déployer plus à l’aise. En cemoment, les deux divisions de Lannes essuyèrent de nouvellesdécharges d’artillerie et de mousqueterie. C’étaient les grenadierssaxons de la brigade Cerrini, qui, après avoir recueilli les avant-postesdu général Tauenzien, se reportaient en avant, et exécutaient leursfeux de bataillon avec autant d’ensemble que s’ils avaient été sur unchamp de manoeuvre. Le 17' léger, qui tenait la tête de la divisionSuchet, ayant épuisé ses cartouches, on le fit passer sur les derrières.Le 34' prit sa place, entretint le feu quelque temps, puis joignit lesgrenadiers saxons à la baïonnette, et les rompit. La déroute ayantbientôt gagné le corps entier du général Tauenzien, les divisionsGazan et Suchet ramassèrent, une vingtaine de canons et beaucoup defuyards. A partir du Landgrafenberg, les plateaux ondulés sur lesquelson venait de se déployer allaient; comme nous l’avons dit, en s’incli-nant vers la petite vallée de l’Ilm. On marchait donc vite, sur un ter-rain en pente, et h la suite d’un ennemi en fuite. Dans ce mouvementrapide, on déborda deux bataillons de Cerrini, ainsi que les fusiliersde Pelet, restés aux environs de Closewitz. Ces troupes furent rejetéespour le reste de la journée vers le général Holzendorf, commis la veilleà la garde du débouché de Dornbourg.

Cette action n’avait pas duré deux heures. Il en était neuf, et Na-poléon avait dès lors réalisé la première partie de son plan, qui con-sistait à s’emparer de l’espace nécessaire au déploiement de son armée.Au mêmeinstant, ses instructions s’exécutaient sur tous les points avecune ponctualité remarquable. Vers la gauche, le maréchal Augereau,après avoir dirigé la division Heudelet, ainsi que son artillerie et sacavalerie, dans le fond du Mnhlthal, sur la grande route de Weimar ,gravissait avec la division Desjardins les revers du Landgrafenberg, etvenait former sur les plateaux la gauche de la division Gazan. Vers ladroite, le maréchal Sonlt, dont une seule division était arrivée, celledu général Saint-Hilaire, s’élevait de Lobstedt sur les derrières deClosewitz , en face des positions de Nerkwitz et d’Alten-Gône, occupéespar les débris du corps de Tauenzien, et par le détachement du gé-néral Holzendorf. Le maréchal Ney, impatient d’assister à la bataille,avait détaché de son corps un bataillon de voltigeurs, un bataillon degrenadiers, le 23' léger, deux régiments de cavalerie, et avec cettetroupe d’élite il avait pris les devants. Il entrait dans Iéna à 1 heuremême où s’achevait le premier acte de la journée. Murat enfin, reve-