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IENA .

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nant au galop, avec les dragons et les cuirassiers, des reconnaissancesexécutées sur la basse Saale, remontait vers Iéna à perte d’haleine.Napoléon résolut donc de s’arrêter quelques instants sur le terrainconquis, pour laisser à ses troupes le temps d arriver en ligne.

Sur ces entrefaites, les fuyards du général Tauenzien avaient donnél’éveil au camp entier des Prussiens. Au bruit du canon, le prince deHohenlohe était accouru sur la route de Weimar , où campait l’infan-terie prussienne, ne croyant pas encore à une action générale, et seplaignant de ce qu’on fatiguait les troupes par une prise d’armes inu-tile. Bientôt détrompé, il prit ses mesures pour livrer bataille. Sachantque les Français avaient passé la Saale à Saalfeld , il s’était attendu àles voir paraître entre Iéna et Weimar , et il avait rangé son armée lelong de la route qui va de l’une à l’autre de ces villes. Cette conjecturene se réalisant pas, il fallait changer ses dispositions : il le fit avecpromptitude et résolution. 11 envoya le gros de l’infanterie prussienne,sous les ordres du général Grewert, pour occuper les positions aban-données du général Tauenzien. Il laissa vers la Schvecke , qui allaitformer sa droite, la division Niesemeuschel, composée des deuxbrigades saxonnes Burgsdorf et Nehrolf, du bataillon prussien Bo-guslawski, et d’une nombreuse artillerie, avec ordre de défendrejusqu’à la dernière extrémité les rampes par lesquelles la route deWeimar s’élève sur les plateaux. 11 leur donna, pour les seconder, labrigade Cerrini ralliée et renforcée de quatre bataillons saxons. Enarrière de son centre, il plaça une réserve de cinq bataillons sous legénéral Dyherrn, pour appuyer le général Grawert. Il fit rallier àquelque distance du champ de bataille et pourvoir de munitions lesdébris du corps de Tauenzien. Quant à sa gauche, il prescrivit augénéral Hulzendorfde sc porter en avant, s’il le pouvait, pour tombersur la droite des Français , pendant qu’il s'efforcerait lui-mème de lesarrêter de front; Il adressa au général lluchel J’avis de ce qui se passait,et la prière d’accélérer sa marche. Enfin il courut de sa personne,avec la cavalerie prussienne et l’artillerie attelée, à la rencontre desFrançais , afin de les contenir, et de protéger la formation de l’infan-terie du général Grawert.

Il était environ dix heures, et l’action du matin, interrompue depuisune heure, allait recommencer plus vivement . Tandis qu’à droite, lemaréchal Soult, débouchant de Lobstedt, gravissait les hauteurs avecla division Saint-Hilaire, tandis qu’au centre le maréchal Lannes, avec