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LITRE XXV.

saiCdonncr peu d’attention aux débouchés par lesquels il était possibleque les Français survinssent. Au delà d’Auerstædt, et avant d’arriverau pont de Naumbourg sur la Saale , se rencontre une espèce de bassin,assez vaste , coupé par un ruisseau, qui va rejoindre après quelquesdétours l’Ilm et la Saale . Ce bassin, dont les deux plans sont inclinésl’un vers l’autre, semble un champ de bataille l'ait pour recevoir deuxarmées, en n’opposant à leur rencontre que le faible obstacle d’un ruis-seau facile à franchir. La route de Weimar à Naumbourg le par-court tout entier, descend d’abord vers le ruisseau, le passe surun petit pont, s’élève ensuite sur le plan opposé , traverse un villagequ’on nomme Hassenhausen , et qui est le seul point d’appui existantau milieu de ce terrain découvert. Après Hassenhausen , la route, par-venue sur le bord extérieur du bassin dont il s’agit, s’arrête tout àcoup, et descend par des contours rapides sur les rives de la Saale .C’est là ce qu’on appelle le défdé de Kosen . Au-dessous se trouve unpont auquel on a donné le nom de pont de Kosen, ou de Naum-bourg .

Puisqu’on savait les Français de l’autre coté de la Saale, à Naum-bourg , il était naturel d’aller prendre position , au moins avec unedivision, sur le sommet des rampes de Kosen, non pour franchir lepassage, qu’il s’agissait de masquer seulement, mais pour en interdirel’accès aux Français , pendant que les autres divisions poursuivraient,couvertes par la Saale , leur mouvement de retraite. Personne n’.y son-gea dans l’état-major prussien. On se contenta d’envoyer en reconnais-sance quelques patrouilles de cavalerie, qui se retirèrent après avoirfait le coup de pistolet avec les avant-postes du maréchal Davoust. Onapprit par ces patrouilles que les Français ne s’étaient point établis audéfilé de Kosen, et on se crut en sûreté. Le lendemain, trois divisionsdevaient traverser le bassin que nous venons de décrire , occuper lesrampes par lesquelles on descend sur les bords de la Saale , et les deuxautres divisions, sous le maréchal Kalkreuth, cheminant derrière lestrois premières, avaient ordre de s’emparer du pont de Freybourg surrUnslrut, pour assurer à l’armée le passage de cet affluent de laSaale .

C’est en vain qu’à la guerre on pense à beaucoup de choses, si onne pense pas à toutes : le point oublié est justement celui par lequell’ennemi vous surprend. Il était aussi grave en ce moment de négligere défilé de Kosen, que d’abandonner le Laudgrafenberg à Napoléon.

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