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L1TBE XXV.
vait provenir une aussi étrange résolution? Elle provenait de ce sen-timent détestable, qui souvent fait sacrifier le sang des hommes, lesalut de l’État, à la haine, à l’envie, à la vengeance. Le maréchalBernadotte éprouvait pour le maréchal Davoust une aversion profonde,conçue sur les plus frivoles motifs. Il partit, laissant le maréchal Da-voust réduit h ses propres forces. Ce dernier restait avec trois divisionsd’infanterie et trois régiments de cavalerie légère. Le maréchal Ber-nadotte emmenait même une division de dragons, qui avait étédétachée de la réserve de cavalerie, pour seconder le premier et letroisième corps, et dont il ne lui appartenait pas de disposer exclusi-vement.
Cependant le maréchal Davoust n’hésita pas sur le parti qu’il avaità prendre. Il résolut de barrer le chemin à l’ennemi, et de se fairetuer avec le dernier homme de son corps d’armée, plutôt que de laisserouverte une roule que Napoléon mettait tant de prix à fermer. Dansla nuit du 15 au 14, il était en marche vers le pont de Kôsen, avecles trois divisions Gudin, Friant et Morand, formant 26,000 hommesprésents au drapeau, la plus grande partie en infanterie, heureusementla meilleure de l’armée, car la discipline était de fer sous cet inflexiblemaréchal. C’est avec ces 26,000 hommes qu’il s’attendait à en com-battre 70,000 suivant les uns, 80,000 suivant les autres, en réalité66,000. Quant aux soldats, ils n’étaient pas habitués à compter avecl’ennemi, quelque nombreux qu’il fût. En toute circonstance ils setenaient pour obligés et pour certains de vaincre.
sion d’un mécontentement que Napoléon éprouvait encore plus vivement qu’il nel’exprimait.
Av prince de Ponte-Corvo.
Je reçois votre lettre. Je n’ai point l'habitude de récriminer sur le passé, puisqu'ilest sans remède. Votre corps d’armée ne s’est pas trouvé sur le champ de bataille,et cela eût pu m'être très-funeste. Cependant, d’après un ordre très-précis, vousdeviez vous trouver à Dornbourg, qui est un des principaux débouchés de la Saale ,le même jour que le maréchal Lamies se trouvait à Iéna , le maréchal Augereau àKala, et le maréchal Davoust à Naumbourg . Au défaut d'avoir exécuté ces disposi-tions, je vous avais fait connaître dans la nuit que . si vous étiez encore à Naum-bourg . vous deviez marcher sur le maréchal Davoust pour le soutenir. Vous étiez àNaumbourg lorsque cet ordre est arrivé; il vous a été communiqué . et cependantvous avez préféré faire une fausse marche pour retourner à Dornbourg, et par làvous ne vous êtes pas trouvé à la bataille , et le maréchal Davoust a supporté lesprincipaux efforts de l’armée ennemie. Tout cela est certainement très-malheu-reux, etc. NiPOLÉox.