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Le maréchal, après avoir fait prendre les armes longtemps avant lejour, franchit le pont de Kôsen, qu’il avait occupé la veille au soir,gravit avec la division Friant les rampes de Kôsen, et déboucha verssix heures du matin sur les hauteurs qui forment l’un des côtésdu bassin de Hassenhausen. Peu d’instants après, les Prussiens paraissaient sur le côté opposé, de façon que les deux annéesauraient pu s’apercevoir aux deux extrémités de cette espèce d’am-phithéâtre, si le brouillard, qui à cette heure enveloppait le champde bataille d’Iéna , n’eût enveloppé aussi celui d’Auerstædt. La divisionprussienne Schmettau marchait en tète, précédée d’une avant-gardede cavalerie de 600 chevaux, aux ordres du général Blucher. Un peuen arrière venait le roi, avec le duc de Brunswick et le maréchal deMollendorf. Le général Blucher était descendu jusqu’au ruisseaufangeux qui traverse le bassin, avait passé le petit pont, et montait aupas la grande route, quand il rencontra un détachement français decavalerie, commandé par le colonel Bourke et le capitaine Hulot. Onse tira des coups de pistolet à travers le brouillard, on fit de notrecôté quelques prisonniers aux Prussiens. Le détachement français , aprèscette reconnaissance hardie, exécutée au milieu d’un brouillard épais,vint se ranger sous la protection du 28“ de ligne, que conduisait lemaréchal Davoust. Celui-ci fit placer quelques pièces d’artillerie sur lachaussée même, et tirer à mitraille sur les 600 chevaux du généralBlucher, lesquels furent bientôt mis en désordre. Une batterie atteléequi suivait ces C00 chevaux fut enlevée par deux compagnies du 25', etamenée à Hassenhausen. Cette première rencontre révélait toute lagravité de la situation. On allait avoir une grande bataille à livrer.Toutefois l’incertitude produite par le brouillard devait retarder l’en-gagement, car on ne pouvait, de part ni d’autre, tenter aucun mou-vement sérieux, en présence d’un ennemi pour ainsi dire invisible. Lemaréchal Davoust, venant de Naumbourg pour fermer la retraite auxPrussiens, tournait le dos à l’Elbe et à l’Allemagne. Il avait la Saale àsa gauche, à sa droite des hauteurs boisées : les Prussiens venant deWeimar avaient la position contraire. Le maréchal Davoust, grâce auretard causé par le brouillard, eut le temps de poster convenablementla division Gudin arrivée la première, et composée des 25', 85 e , 12 e ,21° de ligne, et de six escadrons de chasseurs. Il plaça le 85 e dans levillage de Hassenhausen, et comme à la droite de Hassenhausen (droitedes Français ), mais un peu en avant, se trouvait un petit bois de