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IÉNA.

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eut soin de diriger en personne. Mais ses escadrons n’arrivèrent pasjusqu’à nos baïonnettes, une grêle de balles les arrêtant sur place, etles forçant à se détourner brusquement. Le général Blucher avait euson cheval tué ; il prit celui d’un trompette, recommença la chargejusqu’à trois fois, mais toujours sans succès, et fut bientôt entraînélui-même dans la déroute de sa cavalerie. Nos escadrons de chasseurs,soigneusement, gardés en réserve sous la protection d’un petit bois, selancèrent à la suite de cette cavalerie fugitive , et l’obligèrent à dispa-raître plus vite en lui tuant quelques hommes.

Jusqu’ici le troisième corps conservait son terrain, sans aucun ébran-lement. La division Friant, celle qui s’était si bien conduite à Auster-litz, parut en cet instant sur le lieu du combat. Le maréchal Davoust,voyant que les efforts de l’ennemi se dirigeaient sur la droite de Has-seuhausen, porta la division Friant vers cet endroit, et concentra ladivision Gudin autour de Hassenhausen, qui, d’après toutes les appa-rences , allait être attaqué violemment. Il envoya en même tempsl’ordre au général Morand de bâter le pas, pour venir se placer à lagauche du village. .

Du côté des Prussiens, la seconde division, celle de Wartensleben,arrivait tout essoufflée, retardée quelle avait été par un encombrementde bagages qui s’était produit sur les derrières. La division Orangearrivait aussi à perte d’haleine, longtemps retenue par la même cause.Le défaut d’habitude de la guerre rendait chez cette armée les mouve-ments lents, décousus, embarrassés.

Le moment était venu où le combat devait s’engager avec fureur.La division Wartensleben se dirigea vers la gauche de Hassenhausen,tandis que la division Schmettau, conduite avec vigueur par les offi-ciers prussiens, s’avança devant Hassenhausen même , puis replia sesdeux ailes autour de ce village, atin de l’envelopper. Heureusementtrois des régiments du général Gudin s’y étaient jetés. Le 83', qui enoccupait le front, se comporta dans cette journée avec une valeurhéroïque. Refoulé dans l'intérieur du village, il en barrait le passageavec une invincible fermeté, répondant par un feu continu et adroite-ment dirigé à la masse épouvantable des feux prussiens. Ce régimentavait déjà perdu la moitié de son effectif qu’il tenait ferme sanss'ébranler. Pendant ce temps, la division Wartensleben, profitant dece que la division Morand n’avait pas encore occupé la gauche de Has-senhausen , menaçait de tourner le village en se faisant précéder par