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LIVRE XXV.

une immense cavalerie. A cette vue, le général Gudin avait déployé lequatrième de ses régiments, le 12% à la gauche de Hassenhausen,pour empêcher qu’il ne fût débordé. Il était évident à tous les yeuxque, sur ce terrain découvert, le village de Hassenhausen étant le seulappui des uns, le seul obstacle des autres, on devait se le disputeravec acharnement. Le brave général Schmettau, à la tète de ses fantas-sins, reçut un coup de feu qui l’obligea de se retirer. Le duc de Bruns-wick, en voyant l’opiniâtre résistance des Français , éprouvait un secretdésespoir, et croyait toucher à la catastrophe dont le pressentimentassiégeait depuis un mois son âme attristée. Ce vieux guerrier, hési-tant dans le conseil, jamais au feu, veut se mettre lui-même à la têtedes grenadiers prussiens, et les conduire à l’assaut de Hassenhausen,en suivant un pli de terrain, qui se trouve à côté de la chaussée, et parlequel on peut parvenir plus sûrement au village. Tandis qu’il lesexhorte et leur montre le chemin, un biscaïen l’atteint au visage, etlui fait une blessure mortelle. On l’emmène, après avoir jeté un mou-choir sur sa figure, pour que l’année ne reconnaisse pas l’illustre blessé.A cette nouvelle, une noble fureur s’empare de l’état-major prussien.Le respectable Mollendorf ne veut pas survivre à cette journée; ils’avance, et il est à son tour mortellement frappé. Le roi, les princesse portent au danger comme les derniers des soldats. Le roi a un chevaltué sans quitter le feu. La division Orange arrive enfin. On la partageen deuxbrigades : l’une va soutenir la division Wartensleben à la gauchede Hassenhausen (gauche des Français ), pour essayer de faire tomberla position, en la tournant; l’autre va remplir à droite l’espace que ladivision Schmettau a laissé vacant, pour se jeter sur Hassenhausen.Cette seconde brigade doit surtout arrêter la division Friant, qui com-mence à gagner du terrain sur le flanc de l’armée prussienne.

Le maréchal Davousf, présent sans cesse au plus fort du danger,pousse à droite la division Friant, laquelle échange une vive fusilladeavec la brigade de la division Orange qui lui est opposée. Au centre,à Hassenhausen même, il soutient les cœurs en annonçant l’arrivéede Morand. A gauche, où Morand paraît enfin, il court rangercette division, non pas la plus brave des trois, car toutes trois l’étaientégalement, mais la plus nombreuse. L'intrépide Morand amenaitcinq régiments, le 15° léger, et les 61 e , 51 e , 50 e , 17 e de ligne.Ces cinq régiments présentaient neuf bataillons, le dixième ayant étélaissé à la garde du pont de Koscn. Ils viennent occuper le terrain uni