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1ÉNA.

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qui est à la gauche de Hassenhausen. Les Prussiens avaient braquésur ce terrain une nombreuse artillerie, prête à foudroyer les troupesqui se montreraient. Chacun des neuf bataillons, après avoir gravi lesrampes de Kosen, devait déboucher sur le plateau sous la mitraille del’ennemi. Ils se déploient néanmoins les uns à la suite des autres, seformant à l’instant même où ils arrivent en ligne, malgré les déchargesrépétées de l’artillerie prussienne. Le 15' léger parait le premier, seforme et se porte rapidement en avant. Mais s’étant trop avancé, il estobligé de se replier sur les autres régiments. Le 61', qui vient après,accueilli comme le 15", n’en est point ébranlé. Un soldat, que sescamarades avaient surnommé l’empereur, à cause d’une certaine res-semblance avec Napoléon, apercevant, dans sa compagnie quelque flot-tement, court en avant, se place en jalon, et s’écrie : « Mes amis, suivezvotre empereur! » Tous le suivent , et se serrent sous cette grêle demitraille. Les neuf bataillons achèvent leur déploiement, et marchenten colonnes , ayant leur artillerie dans l’intervalle d’un bataillonà l’autre. Le maréchal Davoust, pendant qu’il conduit ses bataillons,reçoit un biscaïen à la tête , qui perce son chapeau à la hauteur de lacocarde, et lui enlève des cheveux sans entamer le crâne. Les neufbataillons se posent en face de la ligne ennemie, et font reculer la divi-sion Wartensleben, ainsi que la brigade d’Orange, venue à l’appui. Ilsdégagent en gagnant du terrain le flanc de Hassenhausen, et obligentla division Schmettau à reployer ses ailes, quelle avait étendues autourdu village. Après une assez longue fusillade, la division Morand voits’amasser sur sa tète un nouvel orage : c’est une masse énorme de cava-lerie, qui parait se réunir derrière les rangs de la division Wartens-leben. L’armée royale menait avec elle la meilleure et la plus nom-breuse portion de la cavalerie prussienne. Elle pouvait présenter14,000 à 15,000 cavaliers, supérieurement montés, et formés auxmanœuvres par de longs exercices. Les Prussiens veulent, avec cettemasse de cavalerie, tenter un effort désespéré contre la division Mo-rand. Ils se flattent, sur le terrain uni qui sépare Hassenhausen de laSaale , de la fouler sous les pieds de leurs chevaux, ou de la précipiterde haut en bas, le long des rampes de Kosen. S’ils réussissent, lagauche de l’armée française étant culbutée, Hassenhausen enveloppé,Gudin pris dans le village, la division Friant n’a plus qu’à battre enretraite au pas de course. Mais le général Morand, à l’aspect de cerassemblement, dispose sept de ses bataillons en carrés, et en laisse