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LITRE XXT.

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deux déployés pour se lier à Ilassenhausen. Il s’établit dans l’un de cescarrés; le maréchal Davoust s’établit dans un autre, et ils se disposentà recevoir de pied ferme la masse d’ennemis qui s’apprête à fondre sureux. Tout à coup les rangs de l’infanterie de Wartcnsleben s’ouvrent etvomissent les torrents de la cavalerie prussienne, qui, sur ce point, necompte pas moins de 10,000 chevaux, conduits par le prince Guillaume.Elle entreprend une suite de charges qui se renouvellent à plusieursreprises. Chaque fois, nos intrépides fantassins, attendant avec sang-froid l’ordre de leurs officiers, laissent venir les escadrons ennemis àtrente ou quarante pas de leurs ligues, puis exécutent des déchargessi justes, si meurtrières, qu ils abattent des centaines d hommes et dechevaux, et se créent ainsi un rempart de cadavres. Dans 1 intervallede ces charges, le général Morand et le maréchal Davoust passent d’uncarré dans un autre, pour donner à chacun d eux 1 encouragement deleur présence. Les cavaliers prussiens réitèrent avec fureur ces rudesassauts, mais n’arrivent pas même jusqu'à nos baïonnettes. Enfin,après une fréquente répétition de cette scène tumultueuse, la cavalerieprussienne découragée se retire derrière sou infanterie. Alors le gé-néral Morand, rompant ses carrés, déploie ses bataillons, les forme encolonnes d’attaque, et les pousse sur la division Wartensleben. L’in-fanterie prussienne, abordée avec vigueur, recule devant nos soldats,et descend en rétrogradant jusqu au bord duruisseau. En même temps,le général Friant, à droite, force la première brigade de la divisionOrange à se retirer, et, par suite de ce double mouvement, la divisionSchmetlau, débordée sur ses deux ailes, horriblement décimée, estréduite à lâcher pied, et à s’éloigner de ce village de Ilassenhausen,disputé avec tant de violence à la division Gudin.

Les trois divisions prussiennes sont ainsi ramenées au delà duruisseau marécageux qui traverse le champ de bataille. L armée fran-çaise s y arrête un instant, pour reprendre haleine, car ce combatinégal durait depuis six heures, et nos soldats expiraient de fatigue. Ladivision Gudin, chargée de défendre Ilassenhausen, avait essuyé despertes énormes; mais la division Friant avait médiocrement souffert;la division Morand, peu maltraitée par la cavalerie, comme toute in-fanterie qui n a pas été rompue, atteinte plus gravement par 1 artillerie,se trouvait cependant très en état de combattre, et toutes trois étaientprêtes à recommencer, s’il le fallait, pour tenir tète aux deux divisionsprussiennes de réserve, restées spectatrices du combat, sur le bord