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opposé du bassin où se livrait la bataille. Ces deux divisions de réserve,Kuhnheim et d’Arnim , sous le maréchal Kalkreuth, attendaient lesignal pour entrer en ligue à leur tour, et renouveler la lutte.
Pendant ce temps ou délibérait autour du roi de Prusse. Le gé-nérai Blucher était d’avis de réunir la masse entière de la cavalerieaux deux divisions de réserve, et de se jeter sur l’ennemi en désespérés.Le roi avait partagé d’abord cette opinion ; mais on faisait valoir auprèsde lui que, si l’on différait seulement d’une journée, on serait rejointpar le prince de Hohenlohe et par le corps du général Ruchel, etqu’on écraserait les Français au moyen de cette réunion de forces. Lasupposition n’était pas très-fondée, car, s’il était permis de comptersur la jonction des corps de Hohenlohe et de Ruchel, les Français ,qu’on avait devant soi, devaient être rejoints aussi par la grande armée.Aucune chance ne valait donc celle qu’on pouvait trouver dans undernier effort, tenté tout de suite, et avec la volonté de vaincre ou demourir, bien que cette chance elle-même ne fût pas grande, vu l’étatdes divisions Friant et Morand. Cependant la retraite fut ordonnée.Le roi avait montré une bravoure rare, mais la bravoure n’est pas lecaractère. D’ailleurs les âmes autour de lui étaient profondémentabattues.
On commença dans l’après-midi le mouvement de retraite. Lemaréchal Kalkreuth s’avança pour le couvrir avec ses deux divisionsfraîches. Le général Morand avait profité d’un accident de terrain qu’onappelle le Sonnenberg, et qui était situé à la gauche du champ debataille, pour placer des batteries qui faisaient sur la droite desPrussiens un feu des plus incommodes. Le maréchal Davoust ébranlases trois divisions, et les porta vivement au delà du ruisseau. On marchamalgré le feu des divisions de réserve, on les joignit à portée de fusil,et on les força de battre en retraite, sans désordre, il est vrai, maisprécipitamment. Si le maréchal Davoust avait eu les régiments dedragons emmenés la veille par le maréchal Bernadotte , il aurait faitdes milliers de prisonniers. Il en prit cependant plus de 5,01)0, outrecent quinze pièces de canon, capture énorme pour un corps qui n’eupossédait lui-mème que quarante-quatre. Arrivé sur l’autre côté dubassin où l’on avait combattu , il arrêta son infanterie , et apercevantaux environs d’Apolda les troupes du maréchal Bernadotte , il invitacelui-ci à tomber sur l’ennemi, et à ramasser les vaincus, que son corpsépuisé de fatigue ne pouvait suivre plus longtemps. Les soldats du