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cette masse énorme de bagages, que l’armce prussienne , amollie parune longue paix, traînait à sa suite, et dans le nombre une quantitéde bagages royaux, qui n’étaient pas en rapport avec la simplicitépersonnelle du roi. Frédéric-Guillaume , mais que la présence de lacour avait rendus nécessaires. Pressés de se soustraire au péril, lessoldats des deux armées prussiennes regardaient comme une calamitéces obstacles à la rapidité de leur fuite. La cavalerie se détournait, etse jetait à travers la campagne, se sauvant par escadrons isolés. L’in-fanterie rompait ses rangs, ravageant, culbutant ces bagages incom-modes, cl laissant au vainqueur le soin de les piller, parce qu’avanttout elle voulait fuir. Bientôt les deux divisions du maréchal Kal-kreuth , restées seules en bon ordre, furent atteintes du désespoirgénéral, et malgré l’énergie de leur chef, commencèrent à se dis-soudre. Les cadres se dégarnissaient d’heure en heure, et les soldats,qui n’avaient point partagé les passions de leurs officiers, trouvaientplus simple , en abandonnant leurs armes, et en se cachant dans lesbois, de se dérober aux conséquences de la défaite. Les routes étaientjonchées de sacs, de fusils, de canons. C’est ainsi que se retirait l’ar-mée prussienne, à travers les plaines de la Thuriuge, et vers lesmontagnes du Hartz, présentant un spectacle bien différent de celuiqu’elle offrait peu de jours auparavant, lorsqu’elle promettait de seconduire devant les Français tout autrement que les Autrichiens oules Russes *.
L’armée de Ilohenlohe fuyait partie à droite vers Sommerda , partieà gauche vers Erfurt, au delà de Weimar . Une moitié de l’arméeroyale, celle qui avait quitté le champ de bataille la première, avecordre de se diriger sur Weimar , trouvant cette ville dans les mains del'ennemi, allait à Erfurt , portant avec elle ses chefs mortellementblessés, le duc de Brunswick, le maréchal de Mollcndorf, le généralSchmettau. Le reste de l’armée royale marchait vers Sommerda , nonque cela fut ordonné, mais parce que Sommerda, Erfurt , étaient lesvilles qui se rencontraient sur les derrières du pays où l’on avait com-battu. Personne n’avait pu donner un ordre depuis que ce délire deterreur s’était emparé de toutes les tètes. Le roi, entouré de quelquecavalerie, marchait vers Sommerda . Le prince de Ilohenlohe , quis’était retiré avec 1 ,200 ou 1 ,000 chevaux, n’en avail pas 200 quand
1 Nous ne faisons que reproduire ici k tableau tracé par les officiers prussienseux-mêmes dans les différents récits qu'ils ont publiés.