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Duroc devait se rendre dans les hôpitaux, visiter les blessés, leurapporter la promesse de récompenses éclatantes, et prodiguer l’argentà tous ceux qui en auraient besoin. La lettre de l’empereur fut luedans les chambrées où l’on avait entassé les blessés , et ces malheu-reux, criant vive l’empereur, au milieu de leurs souffrances, expri-maient le désir de recouvrer la vie pour la lui dévouer encore.
Napoléon , dés le lendemain 1S octobre, se mit en mesure de pro-fiter de la victoire, avec cette activité qu’aucun capitaine, ancien nimoderne, n’égala jamais. Il prescrivit d’abord aux maréchaux Davoust,Lannes et Augereau, dont les corps avaient beaucoup souffert dans lajournée du 14, de se reposer deux ou trois jours à Naumbourg , àléna, à Weimar . Mais le maréchal Bernadette, dont les soldatsn’avaient pas tiré un coup de fusil, les maréchaux Soult et Ney, quin’avaient eu qu’une partie de leurs troupes engagées, Murat, dont lacavalerie n’avait eu à essuyer que des fatigues, furent portés en avant,pour harceler l’armée prussienne, et en ramasser les débris, faciles àcapturer dans l’état de désorganisation où elle était tombée. Murat,qui avait couché à Weimar , eut ordre de courir avec ses dragons àErfurt le 11 au matin, et Ney de le suivre immédiatement. Le maré-chal Soult dut, par Sommerda,Greussen,Sondershausen,Nordhausen ,marcher h la suite de l’armée ennemie, et la poursuivre à travers laThuringe , vers ces montagnes du Hartz, où elle semblait, dans sondésordre, chercher un refuge. Il fut enjoint au maréchal Bernadotte de se diriger le jour même sur l’Elbe , en se portant vers la droite del’armée par Halle et Dessau. On remarquera que Napoléon , soigneuxde se concentrer la veille d’une grande bataille, le lendemain, quandil avait frappé l’ennemi, divisait ses corps, comme un vaste réseau,pour prendre tout ce qui fuyait , habile ainsi à modifier l’applicationdes principes de la guerre, selon les circonstances, et toujours avec lajustesse et l’à-propos qui assurent le succès.
Ces ordres donnés, Napoléon accorda quelques soins à la politique.La direction que suivaient les Prussiens en se retirant les éloignait dela Saxe. De plus, Napoléon tenait en son pouvoir une bonne partiedes troupes saxonnes, qui avaient honorablement combattu, quoiquefort peu satisfaites, tant de la guerre à laquelle on avait entraîné leurpays, que des mauvais procédés dont elles croyaient avoir à se plaindrede la part des Prussiens. Napoléon fit assembler à léna, dans une sallede l’université, les officiers des troupes saxonnes. Se servant d’un