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LIVRE XXV.
employé des affaires étrangères, appelé auprès de lui, il leur adressades paroles qui furent immédiatement traduites. Il leur dit qu’il nesavait pas pourquoi il était en guerre avec leur souverain, prince sage,pacifique, digne de respect ; qu’il avait même tiré l’épée pour arracherleur pays à la dépendance humiliante dans laquelle le tenait la Prusse,et qu’il ne voyait pas pourquoi les Saxons et les Français, avec si peude motifs de s'e haïr, persisteraient à combattre les uns contre lesautres; qu’il était prêt, quant à lui, à leur donner un premier gage deses dispositions amicales, en leur rendant la liberté, et en respectantla Saxe , pourvu qu’ils lui promissent, de leur côté, de ne plus porterles armes contre la France , et que les principaux d’entre eux allassentà Dresde proposer et faire accepter la paix. Les officiers saxons, saisisd’admiration à la vue du personnage extraordinaire qui leur parlait,touchés de la générosité de ses propositions, répondirent par le sermentunanime de ne plus servir, ni eux ni leurs soldats, pendant celteguerre. Quelques-uns s’offrirent à partir sur-le-champ pour Dresde ,assurant qu’avant trois jours ils auraient apporté le consentement deleur souverain.
Par cet acte habile, Napoléon voulait désarmer le patriotisme ger-manique, si fort excité par les soins de la Prusse, et en traitant aveccette douceur un prince justement respecté, s’acquérir le droit detraiter avec rigueur un prince qui n'était estimé de personne. Ce der-nier était l’électeur de Hesse , qui avait contribué par ses mensonges àprovoquer la guerre, et qui, depuis la guerre, cherchait à trafiquer deson adhésion, résolu de se donner à celle des deux puissances que lavictoire favoriserait. C’était un ennemi secret, dévoué aux Anglais ,chez lesquels il avait déposé ses richesses. Napoléon n’avait garde, ens’avançant en Prusse, de laisser un tel ennemi sur ses derrières. Lesprincipes de la guerre commandaient de s’en débarrasser, et ceuxd’une loyale politique ne le défendaient pas, car ce prince avait étépour la Prusse et pour la France un voisin sans foi. Sur-le-champ,avant d’aller plus loin, Napoléon ordonna au huitième corps de quitterMayence, et de se porter sur Casscl, bien que ce corps ne dut pascompter encore plus de 10,000 à 12,('00 hommes. Il prescrivit àson frère Louis de marcher par la Weslphalie sur la Hesse , et de sejoindre au maréchal Mortier avec 12,000 ou 15,000 hommes, pourconcourir à exécuter les arrêts de la victoire. Toutefois, ne jugeantpas convenable de charger l’un de ses frères d'une commission aussi