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car la lenteur du maréchal Bernadotte à passer l’Elbe était bien plusla faute des éléments que la sienne. Lannes se jeta sur Dessau, et delà sur le pont de l’Elbe, que les Prussiens avaient à moitié détruit. Ils’empressa de le rétablir. Le maréchal Davoust, parvenu à Wittenberg ,trouva les Prussiens également occupés à détruire le pont de l’Elbe ,et prêts à faire sauter un magasin à poudre peu éloigné de la ville. Leshabitants, qui étaient Saxons, et qui savaient déjà que Napoléon voulaitépargner à la Saxe les conséquences de la guerre, se hâtèrent desauver eux-mêmes le pont de Wittenberg , d’arracher les mèches, etd’aider les Français à prévenir une explosion. C’est le 20 octobre queles maréchaux Davoust, Lannes et Bernadotte franchissaient l’Elbe ,six jours après les batailles d’Iéna et d’Auerstædt. Il n’y avait pas eu,comme on le voit, une heure perdue. Deux grandes batailles, uneaction des plus vives à Halte, n’avaient pris que le temps employé àcombattre, et la marche de nos colonnes n’en avait pas été suspendueun seul instant. Les Prussiens eux-mêmes, bien que leur fuite fûtrapide, n’atteignaient l’Elbe que le 20 octobre, et ils le passaient àMagdebourg le jour même où les maréchaux Lannes et Davoust le pas-saient à Dessau et à Wittenberg . Mais ils arrivaient dans un état d»désorganisation croissante, incapables d’en défendre le cours inférieur,et n’ayant même pas l’espérance d’atteindre avant eux la ligne del’Oder , condition à laquelle éta\t attaché leur salut.
Napoléon, malgré son impatience d’être rendu à Berlin , afin dediriger scs troupes sur l’Oder, s’arrêta une journée à Wittenberg , poury prendre des précautions de marche, qu’il avait soin de multiplier àmesure qu’il portait la guerre à de plus grandes distances. On l’a déjàvu, lorsqu’il s’enfoncait en Autriche , se ménager des points d’appui àAugsbourg, à Braunau,à Linz . Dans l’expédition bien autrement longuequ’il entreprenait cette fois, il voulait se créer sur sa route des lieux desûreté pour ses hommes fatigués ou malades, pour les recrues qu’onlui envoyait de France , pour le matériel en munitions et vivres qu’il seproposait de réunir. Erfurt pris, il avait changé sa ligne d’étapes, et,au lieu de la faire passer à travers la Franconie , province par laquelleil était entré en Prusse, il lui avait rendu sa direction naturelle, en lafaisant passer par la grande route ordinaire et centrale de l’Allemagne ,par Mayence, Francfort, Eisenach, Erfurt, Weimar, Naumbourg ,Halle et Wittenberg. Erfurt' était pourvu d’assez bonnes défenses, etrempli d’un matériel considérable. Napoléon en fit le premier relais
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