LIVRE XXV.
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de la route militaire qu’il voulait tracer à travers l’Allemagne . Witten-berg possédait d’anciennes fortifications à moitié détruites. Par cemotif, mais surtout par la considération du pont existant sur l’Elbe ,Napoléon ordonna de remettre celle place en état, autant du moinsque cela se pouvait dans l’espace de deux ou trois semaines. 11 confiaune forte somme d’argent au général Chasseloup, pour employer, eules payant, six ou sept mille ouvriers du pays, et construire, à défautd’ouvrages réguliers, des ouvrages de campagne d’un grand relief. Ilfit déchausser les anciennes escarpes, relever celles qui manquaient dehauteur, et là où le temps ne permettait pas l’usage de la maçonnerie,il prescrivit de remplacer la pierre par le bois, qui était fort abondantdans les forêts voisines. Ou dressa d’immenses*palissades ; on édifiaen quelque sorte un camp romain,comme en édiliaieutles anciens con-quérants du monde, au milieu des Gaules et de la Germanie. Napo-léon, dans cette même ville de Wiltenberg, fit bâtir des fours, amasserdes grains, confectionner du biscuit. Il voulut aussi qu’on réunit ence même endroit le grand parc d’artillerie, et qu’on y organisât desateliers de réparation. Il s’empara des édifices et lieux publics, pour ycréer des hôpitaux capables de contenir les blessés et les malades d’unenombreuse armée. Enfin, sur lesremparts improvisés de ce vaste dépôt,il ordonna de mettre en batterie plus de cent bouches à feu de groscalibre, recueillies dans sa marche victorieuse. 11 avait nommé legénéral Clarke gouverneur d’Erfurt ; il nomma le général Lemarrois,l’un de ses aides de camp, gouverneur de Wiltenberg. Les blessés,distingués en grands et petits blessés, c’est-à-dire en blessés qui pou-vaient rentrer dans les rangs sous peu de jours, ou en blessés auxquelsil fallait beaucoup de temps pour se rétablir, furent répartis entreWittenberg et Erfurl. Les petits blessés restèrent à Wiltenberg, demanière à pouvoir rejoindre leurs corps immédiatement ; les autresfuient envoyés à Erfurt . Chaque régiment, outre le dépôt principalqu’il avait en France, eut ainsi un dépôt de campagne à Wittenberg .On devait laisser dans ce dernier les hommes fatigués ou légèrementindisposés, afin que, soignés quelques jours, ils pussent se remettre enmarche, sans encombrer les routes, sans y présenter le spcclacie d’unequeue d’armée, malade, impotente, s’allongeant à proportion de larapidité des mouvements et de la durée delà guerre. Les détachementsde conscrits partant de France en corps avaient ordre de s’arrêter àErfurt et à Wittenberg , pour y être passés eu revue, munis de ce qui