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IÉNA .

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parer autour de son château, des bivacs abondamment pourvus devivres et de boissons. C’était une heureuse nouvelle pour des gensexpirant de fatigue et de faim. Mais, en approchant de Boitzcnbourg,des coups de feu détruisirent cette espérance d’un peu de repos et denourriture. Les chevau-légers de Murat, déjà parvenus à Boitzenbourg,mangeaient les vivres destinés aux Prussiens. Trop peu nombreux ce-pendant pour tenir tète à ceux-ci, ils auittèrent Boitzenbourg. Lesinfortunés soldats du prince de Ilohenlohe dévorèrent ce qui restait;mais la présence des cavaliers français les avertissait de se hâter. Ilspartirent la nuit même, en faisant encore un détour à gauche pouréviter les Français , et les prévenir à Prenzlow. Ils marchèrent toute lanuit, se flattant de les gagner de vitesse. Au point du jour, ils com-mençaient à découvrir Prenzlow ; mais sur la droite, à travers les boiset les lacs qui jalonnaient la route, on avait entrevu des cavaliers for-çant le pas. Le brouillard ne permettait pas de reconnaître la couleurde leur uniforme. Étaient-cc des Français ? étaient-ce des Prussiens?On s’interrogeait avec anxiété, les uns croyant avoir aperçu le pa-nache blanc d’un régiment prussien, les autres, au contraire, croyaientreconnaître le casque des dragons de Murat. Enfin, au milieu de cesconjectures de la crainte et du désir, on arrive en vue de Prenzlow,les Français assure-t-on, n’ayant pas encore paru. On pénètre dansun faubourg, long d’un quart de lieue. Une moitié de l’armée prussienney est déjà entrée, quand tout à coup le cri : Aux armes! se fait enten-dre. Les dragons français, survenus au moment où une partie de l’ar-mée prussienne est dans Prenslow, en attaquent la queue, et la refou-lent dans Prenslow même. Us la chargent en tous sens, puis s’élancentdans les rues de la ville. Les dragons de Pritwitz, poussés par lesdragons français , se rejettent sur l’infanterie prussienne et la culbu-tent. C’est une mêlée effroyable, dont la peur accroît encore le tumulteet le danger. L’armée prussienne, coupée en plusieurs morceaux, s’en-fuit au delà de Prenzlow, et prend position le mieux quelle peut surla route de Stettin . Bientôt elle est enveloppée, et Murat fait sommerle prince de Hohenlohe de se rendre. Le prince, navré de douleur,mais repoussant avec horreur l’idée d’une capitulation, refuse ce qu’onlui propose. « Eh bien ! répond Murat à l’officier qui apporte ce refus,vous serez sabrés tous, si vous ne vous rendez pas. » Une dernièreespérance soutient encore le cœur du prince de Hohenlohe . Il croitque Murat n’amène avec lui que de la cavalerie. Mais l’infanterie devil. g