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LIVRE XXV.
Lannes, qui depuis Spandau avait marché jour et nuit, ne s’arrêtantque pour manger, arrive au même instant. Le colonel d’état-major deMassenbach vient affirmer qu’il l’a vue. Dès lors plus de chance de sesauver. Murat demande à entretenir le prince de Hohenlohe . Le sol-dat devenu prince, est resté aussi généreux qu’il était intrépide, con-sole le général prussien, lui promet une capitulation honorable, la plushonorable qu’il pourra lui acr,c: J " r dans la limite des instructionsdonnées par Napoléon . Murat exige que tous les soldats soient prison-niers, mais il consent à ce que les officiers demeurent libres, et puis-sent emporter ce qu’ils possèdent, h condition, toutefois, de ne passervir pendant la durée de la guerre. Il consent aussi à ce que les soldatssoient affranchis de la formalité humiliante de jeter leurs armes en 'défilant devant les Français. C’est la différence qui, dans ce malheur, >doit les distinguer des troupes de l’Autrichien Mack. Le prince de Ho- <henlohe, voyant qu’il ne peut obtenir mieux, sentant même que Murat Ine peut accorder davantage, retourne auprès de ses officiers, les faitranger en cercle autour de lui, et, les yeux remplis de larmes, leurexpose l’état des choses. Il était de ceux qui avaient le plus déclamé *contre toute espèce de capitulation. Mais il reconnaît qu’il n’y a plus .!aucune ressource, pas même celle d’un combat honorable, car les mu-nitions manquent, et l’esprit des troupes est arrivé au dernier degréd’abattement. Personne n’offrant un expédient, on rompt le cercle, enproférant des malédictions, et en brisant ses armes.
La capitulation est donc signée par le prince, et, dans le courant de jcette journée, 98 octobre, un an après la catastrophe du général Mack, j14,000 hommes d’infanterie, et 2,000 de cavalerie *, se constituent !prisonniers de guerre. Les vainqueurs étaient ivres de joie, et quellejoie fut jamais mieux fondée ? Tant de hardiesse à manœuvrer, tant jde patience k supporter des privations égales au moins à celles qu’a- !vaient supportées les vaincus, tant d’ardeur à faire des marches encore |plus rapides que les leurs, méritaient bien un tel prix ! Il y eut mal- jheureusement des désordres dans Prenslow, causés par l’empresse- !ment des soldats à recueillir le butin, qu’ils considéraient comme un j
1 L'acte de la capitulation de Prenzlow se trouve en original aux archives dudépôt de la guerre. On y a joint un état des troupes prussiennes qui déposèrent ,les armes à la suite de cette convention ; d’après cet état, il n’y avait qu’environdix mille fantassins avec quatre-vingts pièces de canon, et quatre régiments de ca- 'Val rie de quatre à cinq cents hommes chaque. (Fl W.').