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fruit légitime de la victoire. Mais les officiers français déployèrent laplus grande fermeté pour protéger les officiers prussiens. Les écrivainsallemands leur ont eux-mêmes rendu cette justice. En 1815, lesdépartements du nord de la France n’ont pas eu la même justice àrendre aux Prussiens.
Mais les Français avaient encore d’autres trophées à recueillir. Uncertain nombre d’escadrons et de bataillons prussiens, qui n’étaientpas entrés dans Prenzlow, avaient marché plus au nord, sur Passe-wâlck. La cavalerie légère du général Milhaud les atteignit. Six régi-ments de cavalerie, plusieurs bataillons d’infanterie, un parc d’artille-rie à cheval, mirent bas les armes *. Pendant ce temps, le généralLasalle, avec des hussards et des chasseurs, courait à Stettin , suivi parl’infanterie de Lannes. Chose merveilleuse, un officier de cavalerielégère osa sommer Stettin , place forte ayant une nombreuse garnisonet une immense artillerie! Le général Lasalle vit le gouverneur, luiparla avec tant de conviction du complet anéantissement de l’arméeprussienne, que ce gouverneur rendit la place avec tout ce qu’elle con-tenait, et livra prisonnière une garnison de 6,000 hommes. Lannes yentra le lendemain *. Rien assurément ne saurait mieux donner l’idéede la démoralisation des Prussiens, et de la terreur qu’inspiraient lesFrançais , qu’un fait aussi étrange et aussi nouveau dans les annales dela guerre.
De toute l’armée prussienne, il n’y avait plus à prendre que le géné-ral Biucher et le duc de Weimar , accompagnés d’une vingtaine de millehommes. Ce dernier reste pris, on pouvait dire que 100,000 hommesavaient été réduits ou faits prisonniers en quinze jours, sans qu’un seuleût repassé l’Oder. Le général Biucher et le corps du duc de Weimar avaient à leur poursuite les maréchaux Soult et Bernadotte . Us allaientbientôt être atteints par Murat lui-même, et ils se trouvaient coupés del’Oder, puisque Lannes occupait Stettin . Us conservaient donc bienpeu de chances de salut.
1 La capitulation de Passcwalck, dont l'acte original sc trouve également auxarchives du dépôt de la guerre, eut lieu le 29 octobre. La colonne ennemie étaitcomposée de quatre régiments d'infanterie, d’un régiment de dragons, de six régi-ments de cuirassiers, d’un détachementde hussards de Billa, de huit pièces de 6 etde quelques fourgons du train d’artillerie. (F. W.)>
- Stettin capitula le 29 octobre. La convention, dont l'original existe aussi audépôt de la guerre, fut signée au village de Mohrungen Les Français trouvèrent àStettin cent soixante pièces de canon. (F. W.).