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devenu fatal, si un acte honorable de Louis XVIII ne l’avait sauvé en1814 de la rage brutale des Prussiens.

Ces soins accordés à des monuments d’art, du milieu même descapitales conquises, n’étaient chez Napoléon que des pensées acces-soires, à côté des vastes pensées qui l’occupaient. Le glorieux événe-ment d’Austerlitz lui avait déjà inspiré un sentiment excessif de sesforces, et avait apporté de nouveaux stimulants à sa gigantesque am-bition. Celui d’Iéna mit le comble à sa confiance et à scs désirs. IIcrut possible, et il désira tout, après cette destruction si complète etsi prompte de la puissance militaire la plus estimée de l’Europe . Ses

qu’on placerait au dehors, puisque réellement elles seraient mal dans l'intérieur.Il faut aussi désigner le lieu où l'on placera l'armure de François I tr prise à Yienneet le quadrige de Berlin .

Il ne faut pas de bois dans la construction de ce temple... Du granit et du fer,tels doivent être les matériaux de ce monument. On objectera que les colonnesactuelles ne sont pas de granit ; mais cette objection ne serait pas bonne, puisqueavec le temps on peut renouveler ces colonnes sans nuire au monument. Cependant,si l’on prouvait que l’emploi du granit entraînerait dans une trop grande dépenseet dans de longs délais, il faudrait y renoncer ; car la condition principale du projet,c’est qu’il soit exécuté dans trois ou quatre ans, et, au plus, en cinq ans. Ce mo-nument tient en quelque chose à la politique ; il est dès lors du nombre de ceuxqui doivent se faire vite. Il convient néanmoins de s’occuper à chercher du granitpour d’autres monuments que j’ordonnerai, et qui, par leur nature, peuvent per-mettre de donner trente, quarante ou cinquante ans à leur construction.

Je suppose que toutes les sculptures intérieures seront en marbre, et qu’on neme propose pas des sculplures propres aux salons et aux salles à manger des femmesdes banquiers de Paris . Tout ce qui est futile n’est pas simple et noble ; tout cequi n’est pas de longue durée ne doit pas être employé dans ce monument. Je ré-pète qu’il n’y faut aucune espèce de meubles, pas même des rideaux.

Quant au projet qui a obtenu le prix, il n’atteint pas mon but ; c’est le premierque j’ai écarté. Il est vrai que j’ai donné pour base de conserver la partie du bâ-timent de la Madeleine qui existe aujourd'hui ;mais cette expression est une ellipse.Il était sous-entendu que l’on conserverait de ce bâtiment le plus possible, autrementil n’y aurait pas eu besoin de programme, il n’y avait qu’à se borner à suivre leplan primitif. Mon intention était de n’avoir pas une église, mais un temple, et jene voulais ni qu’on rasât tout, ni qu’on conservât tout. Si ces deux propositionsétaient incompatibles, savoir, celle d'avoir un temple et celle de conserver les con-structions actuelles de la Madeleine , il était simple de s’attacher à la définitiond’un temple ; par te mple, j'ai entendu un monument tel qu’il y en avait à Athènes ,et qu’il n’y en a pas à Paris. Il y a beaucoup d’églises à Paris , il y en a dans tousles villages. Je n’aurais assurément pas trouvé mauvais que les architectes eussentfait observer qu’il y avait une contradiction entre l’idée d’avoir un temple et l’in-tention de conserver les constructions faites pour une église. La première étaitl’idée principale, la seconde était l’idée accessoire. M. Vignon a donc deviné ceque je voulais...