EYLAUi
145
et de poser comme principe essentiel de négociation, qu’il ne rendraità aucune d’elle rien de ce qu’il avait pris, tant que l’Angleterre ne ren-drait pas tout ou partie de ses conquêtes maritimes. Deux négociateursprussiens, MM. de Lucchesini et de Zastrow, étaient à Charlotten-bourg,invoquant un armistice et la paix. Il leur fit répondre par Du~roc, demeuré l’aini de la cour de Berlin , que quant à la paix, il n’yfallait pas penser, tant qu’on n’aurait pas amené l’Angleterre à desvues plus modérées, et que la Prusse et rAllemagne resteraient en sesmains comme gage de ce que l’Angleterre avait dérobé aux puissancesmaritimes; mais que pour un armistice il était prêt à en accorder un,à condition qu’on lui livrerait tout de suite la ligne sur laquelle il vou-lait hiverner, et dont il prétendait faire le point de départ de ses opé-rations futures, la ligne de la Vistule . En conséquence il demandaitqu’on lui abandonnât sur le champ les places de la Silésie , telles queBreslau, Glogau, Schweidnitz, Glalz, et toutes celles de la Vistule ,telles que Dantzig, Graudenz, Thorn, Varsovie , car si on ne les luilivrait pas, il allait, disait-il, les conquérir en quelques jours.
Dans cette intention de vainciie la meh pah la terre, en privant laGrande-Bretagne de tous ses alliés, et en lui fermant de tous les portsdu continent, la première chose à faire , c’était de lui interdire , sansaucun retard , l’accès des vastes rivages occupés par les armées fran-çaises. Déjà Napoléon avait par lui-même, ou par la Prusse, fermé lesbouches de l’Ems, du Weser et de l'Elbe . C'était là une applicationnaturelle et légitime du droit de conquête, car la conquête confère tousles droits du souverain, et notamment le droit de clore les ports, oud’intercepter les roules du pays conquis, sans qu’une telle rigueurpuisse passer pour une violation du droit des gens envers qui que cesoit. Mais défendre l’entrée de l'Ems, de l’Elbe et du Weser, était unemesure fort insuffisante pour atteindre le but que se proposait Napo-léon, car malhré la surveillance la plus exacte des côtes, les marchan-dises anglaises étaient introduites par la contrebande, non-seulementdans le Hanovre , maia dans la Hollande , dont le gouvernement étaitsous notre influence directe, dans la Belgique , qui était devenue pro-vince française. D’ailleurs l’Ems, le Weser et l’Elbe fermés, ces mar-chandises entraient par l’Oder, par la Vistule , et redescendaient ensuitedu nord au midi. Elle renchérissaient beaucoup, il est vrai, mais lebesoin de s’en défaire amenait les Anglais à les livrer à un prix quicompensait les liais de la contrebande et du transport. Il était don e