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ETLAÜ.

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prochement, qui était bientôt devenu de l’intimité. Il avait non-seu-lement concédé à Napoléon le titre de Padischah, d’abord dénié, maisil avait envoyé à Paris un ambassadeur extraordinaire , pour luiapporter avec l'acte de la reconnaissance des félicitations et des pré-sents. Le sultan Sélim, en agissant ainsi, avait cédé au vrai penchantde son cœur, qui l’entraînait vers la France , malgré les intrigues dontil était assailli, et dont le redmblement attestait la triste décadencede l’empire. Ce prince, doux, sage , éclairé comme un Européen,aimant la civilisation de l’Occident , non par une fantaisie de despote,mais par un vif sentiment de la supériorité de cette civilisation surcelle de l’Orient, avait dès sa jeunesse, lorsqu’il était enseveli dans lamolle obscurité du sérail, entretenu par M. Ruffin une correspondancepersonnelle et secrète avec Louis XVI . Monté depuis sur le trône , ilavait conservé pour la France une préférence marquée, et il était heu-reux de trouver dans ses victoires une raison décisive de se donner àelle. Les Russes et les Anglais voulaient combattre ce penchant, mêmeà main armée. Une occasion s’offrait pour éprouver leur influence àConstantinople, c’était le choix à faire des deux hospodars de Valachie et de Moldavie . Les hospodars Ipsilanti et Maruzzi, voués à l’Angle-terre, à la Russie , à quiconque désirait la ruine de l’empire turc, carils étaient les véritables précurseurs de l’insurrection grecque, se mon-traient dans leur administration les complices déclarés des ennemis dela Porte. Les choses en était venues à ce point que celle-ci s’était vueobligée de révoquer des agents infidèles et dangereux. La Russie avaitaussitôt fait marcher le général Miclielson vers le Dniester , avec unearmée de 60,000 hommes, et l’Angleterre avait dirigé une flotte surles Dardanelles , pour exiger, au moyen de cette réunion de forces, laréintégration des hospodars déposés. Lejeune empereur Alexandre,qui n’avait paru sur la scène du monde que pour essuyer la mémorabledéfaite d’Austerlitz, se disait qu’au milieu de cette sanglante mêlée detoutes les nations européennes, il fallait profiter des circonstances pours’avancer sur la Turquie , et que, quelles que fussent les chances de lafortune entre le Rhin et le Niémen , ce qu’il prendrait en Orient luiserait peut-être laissé, pour compenser ce que d’autres prendraient enOccident .

Ce calcul ne manquait pas de justesse. Mais ayant Napoléon sur lesbras, il agissait avec peu de prudence en se privant de 60,000 hommes,pour les envoyer sur le Pruth . La preuve de cette faute ressort de la