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LITRE XXVI.
» que j’ai formé est plus vaste qu’aucun que j’aie jamais conçu, et dès» lors il faut que je me trouve en position de répondre à tous les événe-» ments. » (Berlin , 22 novembre 1806. Dépôt de la secrétaireried’État.)
Napoléon, suivant l’usage qu’il avait adopté l’année précédente, deréserver au sénat le vote du contingent, envoya un message à ce corps,pour lui demander la conscription de 1807, et lui faire connaîtrel’extension donnée à sa politique, depuis qu’il avait anéanti la Prusse.Dans ce message, où l’énergie du style égalait celle de la pensée, ildisait que jusqu’ici les monarques de l’Europe s’étaient joués de lagénérosité de la France ; qu’une coalition vaincue en voyait aussitôtnaître une autre ; que celle de 1805 à peine dissoute, il avait eu àcombattre celle de 1806; qu’il fallait être moins généreux à l’avenir;que les États conquis seraient détenus jusqu’à la paix générale surterre et sur mer ; que l’Angleterre oubliant tous les droits des nations,frappant d’interdit commercial une partie du inonde, on devait lafrapper du même interdit, et le rendre aussi rigoureux que la naturedes choses le permettait ; qu’enfm mieux valait, puisqu’on était con-damné à la guerre, s’y plonger tout à fait, que de s’y engager à demi,que c’était le moyen de la terminer plus complètement et plus solide-ment, par une paix générale et durable. Son style rendait avec la der-nière vigueur ces pensées dont il était plein. L’orgueil, l’exaspération,la confiance, y éclataient également. Il réclamait ensuite des moyensproportionnés à ses vues, et c’était, comme nous venons de l’annoncer,la conscription de 1807, levée dès la fin de 1806.
Nous avons exposé plus haut les précautions si habilement prisespar Napoléon, dans la double hypothèse d’une longue guerre au nord,et d'une attaque imprévue sur une partie quelconque de son vaste em-pire. Les troisièmes bataillons des régiments de la grande armée, for-mant dépôt, étaient, comme on l’a vu, rangés le long du Rhin sous lemaréchal Kellermann, ou au camp de Boulogne sous le maréchal Brune.Ces troisièmes bataillons, déjà remplis des conscrits de 1806, bientôtde ceux de 1807, soigneusement exercés, équipés, pouvaient au besoin,sous le maréchal Kellermann, se joindre au huitième corps, commandépar le maréchal Mortier, pour couvrir le bas Rhin , ou bien se joindresous le maréchal Brune au roi de Hollande, pour couvrir, soit la Hol-lande, soit les côtes de France jusqu’à la Seine . Ceux des régimentsqui ne se trouvaient ni en Allemagne, ni en Italie , réunis dans l’inté-