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LIVRE XXVI.

ou plusieurs compagnies suivant leur nombre; ces compagnies devaientêtre ensuite réunies en bataillons, et ces bataillons en régiments pro-visoires de 1,200 ou 1,300 hommes. On devait leur donner pour laroute des officiers pris momentanément dans les dépôts, et les orga-niser comme s’ils avaient dû former des régiments définitifs. Partantavec cette organisation et avec leur équipement complet, ils avaientordre de s’arrêter dans les places qui étaient sur notre ligne d’opération,telles qu’Erfurt, Halle, Magdebourg, Witteuberg, Spandau , .Guslrin,Francforl-sur-l’Oder, de s’y reposer, s’ils en avaient besoin, d’y tenirgarnison s’il le fallait pour la sûreté de nos derrières, et, dès qu’ilsferaient une halte, de se livrer aux exercices militaires, pour ne pasnégliger l’instruction des hommes pendant un trajet de plusieurs mois.Ils couvraient ainsi les communications de l’armée^ dispensaient del'affaiblir par un trop grand nombre de garnisons laissées eu arrière, etaugmentaient eu quelque sorte son effectif avant d’avoir pu la rejoindre.

Arrivés sur le théâtre de la guerre , ils devaient être dissous parl’envoi de chaque détachement à sou corps, et les officiers devaientretourner en poste à leurs dépôts, afin d’aller chercher d’autres recrues.* Même organisation fut appliquée à la cavalerie, avec quelques pré-cautions particulières commandées par la nature de celte arme.

Dans toutes les places converties en grands dépôts, tels que Wurtz-bourg, Erfurt, Wittenberg, Spandau , des ordres étaient donnés poury réunir, au moyen des ressources que présentait le pays, des habille-ments, des souliers, des armes, des vivres en abondance. Il étaitprescrit aux commandants de ces places d’inspecter tout régiment pro-visoire qui passait, de pourvoir d’armes et de vêtements les hommesqui en manquaient, et de retenir ceux qui avaient' besoin de repos.Les corps passant plus tard devaient recueillir les hommes laissés enroute par ceux qui les avaient précédés, et trouvant à prendre autantd’hommes et de chevaux qu’ils en déposaient, ils étaient toujoursassurés d’arriver complets sur le théâtre de la guerre. Napoléon lisantassidûment les rapports des commandants des places traversées par lesrégiments provisoires, les comparant sans cesse entre eux, relevait lamoindre négligence, et par ce moyen les tenait tous en haleine. Il nefallait pas moins que de telles combinaisons appuyées d’une telle vigi-lance, pour conserver entière une aussi grande armée à d’aussi vastesdistances.

Napoléon ne voulait pas seulement maintenir les corps à l’effectif