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LIVRE XXVI.
terie, qui furent chargés de garder les ports auxquels ils appartenaient,avec promesse qu’on ne les en ferait pas sortir. On pouvait comptersur eux, car ils aimaient les établissements confiés à leur vigilance, etde plus ils partageaient l’esprit guerrier de la marine. Napoléon dut àcette idée de pouvoir enlever au service des côtes trois beaux régi-ments, les 19", 15» et 51 e de ligne, qui étaient à Boulogne, Brest etSaint-Lô . Ils furent, comme les autres, portés à deux mille hommespour deux bataillons, et dirigés vers la grande armée.
C’étaient donc sept nouveaux régiments d’infanterie, pouvantfournir le fonds d’un beau corps d’armée, que Napoléon eut l’art detirer de France , sans trop affaiblir l’intérieur. A ces régiments devaitse joindre la légion du Nord, remplie de Polonais, et qui déjà était enmarche vers l’Allemagne .
Ce qui semblait surtout désirable à Napoléon , et ce dont il appré-ciait l’utilité peut-être jusqu’à l’exagération, dans un moment où ilsortait des plaines de la Prusse pour entrer dans celles de la Pologne ,c’était la cavalerie. Il en demandait à grands cris à tous les adminis-trateurs de ses forces. Ils venaient de retirer de Mayence et d’acheminerà pied, partie vers la Hesse , partie vers la Prusse, tout ce qu’il y avaitde cavaliers instruits dans les dépôts. Il avait voulu qu’ils laissassentleurs chevaux en France , pour leur donner ceux qu’on avait recueillisen Allemagne . Le maréchal Mortier, en entrant dans les États del’électeur de Hesse , avait licencié l’armée de ce prince. On avait prislà quatre à cinq mille chevaux excellents, dont une portion avait servià monter sur place un millier de cavaliers français , dont les autresavaient été envoyés à Potsdam. Il existait à Potsdam de vastes écuries,construites par le grand Frédéric, qui se plaisait souvent à voirmanœuvrer un grand nombre d’escadrons à la fois, dans la belleretraite où il vivait en roi, en philosophe et en guerrier. Napoléon ycréa, sous le canon de Spandau , un immense établissement pourl’entretien de sa cavalerie. Il y réunit tous les chevaux enlevés à l’en-nemi, plus une grande quantité d’autres achetés dans les diversesprovinces de la Prusse. Le général Bourcier, sorti de l’année activeaprès des services honorables, fut placé à la tête de ce dépôt, avecrecommandation de ne pas s’en éloigner un instant, de faire soignersous ses yeux les nombreux chevaux qu’on y avait rassemblés, demonter avec ces chevaux les régiments de cavalerie qui venaient àpied de France , d’arrêter tous ceux qui traversaient la Prusse, d’en