LIVRE XXVI,
mation des divisions actives, de manière quelles fussent en mesured’entrer immédiatement en campagne. Déjà il y avait en Frioul deuxdivisions tout organisées. Il ordonna de compléter leur artillerie àdouze pièces par division. Il prescrivit de former tout de suite sur lepied de guerre une division à Vérone, une à Brescia , une troisième àAlexandrie , fortes chacune de 9 à 10 bataillons, de préparer leur ar-tillerie, de composer leurs équipages, et de nommer leur état-major.Il en agit de même pour la cavalerie. Il enjoignit de porter au completsoit en hommes, soit en chevaux, les régiments de dragons tirés deNaples , de les pourvoir en outre d’une division d’artillerie légère. Cescinq divisions comptaient ensemble 45,000 hommes d’infanterie,et 7,000 de cavalerie, en tout 52,000, présents sous les armes. Cetteforce, accrue au besoin du corps de Marmont, et d’une partie del’armée de Naples , devait suiïire, dans la main d’un homme commeMasséua, pour arrêter les Autrichiens, surtout en s’appuyant sur desplaces telles que Palma-Nova, Legnago, Venise, Mantoue, Alexandrie .Napoléon ordonna d’établir dans Venise les huit bataillons de dépôtde l’armée de Dalmatie , dans üsopo et Paima-Nova les sept du corpsdu Frioul, dans Peschiera, Legnago et Mantoue les quatorze del’armée de Naples . Chacun de ces bataillons renfermait déjà plus demille hommes, depuis le contingent de 1806, et allait en contenironze ou douze cents par l’arrivée du contingent de 1807. 11 devien-drait facile alors d’en extraire les compagnies de voltigeurs et de gre-nadiers, et de composer avec elles des divisions actives excellentes.Tel était le fruit d’une vigilance qui ne se ralentissait jamais. Napo-léon prescrivit de plus d’achever sans délai l'approvisionnement desplaces de guerre.
Ainsi, en se bornant à développer le vaste plan de précautionsadopté à son départ de Paris, Napoléon mettait la France à l’abri .detoute insulte de la part des Anglais, garantissait l’Italie de toute hosti-lité soudaine de la part des Autrichiens, et, sans désorganiser lesmoyens de défense de l’une ni de l’autre, il tirait de la première septrégiments d’infanterie, de la seconde neuf régiments de cavalerie, in-dépendamment des régiments provisoires qui, partant sans cesse duRhin , devaient assurer le recrutement de la grande armée, et la sé-curité de ses derrières.
üu peut évaluer à 50,000 hommes environ les renforts qui dans unmois allaient accroilre la grande armée. Avec les corps qui l’avaient