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rapporter à son gouvernement environ 120 millions de francs, lesr frais de perception acquittés sur les produits mêmes, la plupart des1 besoins de l’armée satisfaits au moyen de redevances locales, l’entre-tien des routes assuré par certaines prestations imposées aux fermiersdes domaines de la couronne. Dans ces 120 millions de revenu, lacontribution foncière figurait pour 53 ou 36 millions, le fermage desdomaines de la couronne pour 18, le produit de l’accise, qui con-sistait en droits sur les boissons et sur le transit des marchandises,pour 30, le monopole du sel pour 9 ou 10. Divers impôts accessoiresfournissaient le complément des 120 millions. Des employés, réunisen commissions provinciales, sous le nom de chambres des domaineset de guerre , administraient ces impôts et revenus, veillaient à leurassiette, à leur perception, et au fermage des nombreux domaines dela couronne.
Napoléon décida qu’on laisserait exister cette administration, mêmeavec ses abus, que M. Daru eut bientôt découverts, et qu’il signala augouvernement prussien lui-même pour l’aider à les corriger ; qu’auprèsde chaque administration provinciale il y aurait un'agent français chargé de tenir la main à la perception des revenus, et à leur ver-sement dans la caisse centrale de l’armée française. M. Daru devaitveiller sur ces agents, et centraliser leurs opérations. Ainsi les financesde la Prusse allaient être administrées pour le compte de Napoléon,et à son profit. Toutefois on prévoyait que le produit annuel de120 millions tomberait à 70 ou 80 par suite des circonstances pré-sentes. Napoléon, usant de son droit de conquête, ne se contenta pasdes impôts ordinaires, il décréta en outre une contribution de guerre,qui, pour la Prusse entière, pouvait s’élever à 200 millions. Elledevait être perçue peu à peu, pendant la durée de l’occupation, et ensus des impôts ordinaires. Napoléon leva aussi une contribution deguerre sur la Hesse, le Brunswick, le Hanovre et les villes hanséatiques,indépendamment de la saisie des marchandises anglaises.
A ce prix, l’armée devait sc nourrir elle-même, et ne rien consom-mer sans le payer. De nombreux achats de chevaux, d’immensescommandes en habillements, chaussures, harnachements, voituresd’artillerie, faites dans toutes les villes, mais plus particulièrement àBerlin , dans le but d’occuper les ouvriers, et de pourvoir aux besoinsde l’armée française, furent acquittés sur le produit des contributionstant ordinaires qu’extraordinaires.