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Ces contributions, fort pesantes sans doute, étaient cependant lamoins vexatoire de toutes les manières d’exercer le droit de la guerre,qui autorise le vainqueur à vivre sur le pays vaincu, car, au gaspillagedes soldats, on substituait la perception régulière de l’impôt. Du reste,la discipline la plus sévère, le respect le plus complet des propriétésprivées, sauf les ravages du champ de bataille, heureusement réservésà bien peu de localités, compensaient ces inévitables rigueurs de laguerre. Et assurément, si on remonte dans le passé, on verra quejamais les armées ne s’étaient comportées avec moins de barbarie etautant d’humanité.
Napoléon, disposé par politique à ménager la cour de Saxe , lui avaitoffert un armistice et la paix. Cette cour, honnête et timide, avaitaccepté avec joie un pareil acte de clémence, et s’était livrée à la dis-crétion du vainqueur. Napoléon convint de l’admettre dans la nou-velle confédération rhénane, de changer en titre de roi le titre d’élec-teur que portait son souverain, à la condition d’un contingent militairede 20,000 hommes, réduit pour cette fois à 6,000, en considérationdes circonstances. Celle extension de la confédération du Rhin pré-sentait de grands avantages, car elle assurait à nos armées le librepassage à travers l’Allemagne , et la possession en tout temps de laligne de l’Elbe . Pour compenser les charges de l’occupation militairequi furent épargnées à la Saxe par ce traité, elle promit de payer unecontribution de 25 millions, acquittables en argent, ou en lettres dechange à courte échéance.
Napoléon pouvait donc disposer, pour la durée de la guerre, de troiscents millions au moins. Poussant la prévoyance à son dernier terme,il ne permit pas que son ministre du trésor s’endormit sur la confiancedes ressources trouvées en Allemagne . Il était dû à la grande armée24 millions de solde arriérée. Napoléon exigea que cette somme fûtdéposée, partie à Strasbourg, partie à Paris , en espèces métalliques,parce qu’il ne voulait pas que, dans un moment pressant, on fût obligéde courir après des valeurs qui auraient été engagées pour un tempsplus ou moins long. Il les laissa ainsi en dépôt à Paris et sur le Rhin ,sauf à en user plus tard ; et provisoirement il fit acquitter la soldearriérée sur les revenus du pays conquis, afin que ses soldats pussentse servir de leur prêt, pendant qu’ils étaient encore dans les villes dela Prusse, et qu’ils pouvaient se procurer les jouissances qu’on netrouve qu’au milieu des grandes populations.