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LIVRE <XXVT.

Toutes ces dispositions terminées, le général Glarke laissé à Berlin pour gouverner politiquement la Prusse, et M. Daru pour l’adminis-trer financièrement, Napoléon ébranla ses colonnes pour entrer enPologne .

Le roi de Prusse n’avait point accepté l’armistice proposé, parce queles conditions en étaient trop rigoureuses, et aussi parce qu’on le luiavait trop fait attendre. Rejoint par Duroc à Osterode, dans la vieillePrusse, il répondit que malgré le plus sincère désir de suspendre lecours d’une guerre désastreuse, il ne pouvait consentir aux sacrificesexigés de lui; qu’en lui demandant, outre la partie de ses États déjàenvahie, la province de Poseu et la ligne de la Vistule , on le laissaitsans territoire et sans ressources, ou livrait surtout la Pologne à uneinsurrection inévitable ; qu’il se résignait donc à continuer la guerre,qu’il agissait ainsi par nécessité, et aussi par lidélité à ses engagements,car ayant appelé les Russes , il lui était impossible de les renvoyeraprès l’appel qu’il leur avait adressé, et auquel ils -avaient réponduavec le plus cordial empressement.

Vainement MM. d’Haugwitz et de Lucchesini, qui,après avoirpartagéun inst ant le vertige général de la nation prussienne, av aient été ramenésà la raison par le malheur, vainement réunirent-ils leurs efforts pourfaire accepter l’armistice tel quel, en disant que ce qu’on refusait àNapoléon il allait le conquérir en quinze jours, qu’on perdait l’occa-sion d’arrêter la guerre et ses ravages, que si l’on traitait actuellement,on perdrait sans doute les provinces situées à la gauche de l’Elbe , maisque si ou traitait plus tard, on perdrait avec ces provinces la Pologne elle-même ; vainement MM. d’Haugwitz et de Lucchesini donuèreut-ilsces conseils, leur sagesse tardive n’obtint aucun crédit. En se rendantà Kœnigsberg , ou s’était approché des influences russes; l’infortune,qui avait calmé les gens sages, avait exalté au contraire les gens dénuésde raison, et le parti de la guerre, au lieu de s’imputer à lui-mémeles revers de la Prusse, les attribuait aux prétendues trahisons du partide la paix. La reine, irritée par la douleur, insistait plus que jamaispour qu’on tentât de nouveau la fortune des armes, avec ce qui restaitde forces prussiennes, avec l’appui des Russes , et à la faveur desdistances, qui étaient un grand avantage pour le vaincu, un grand dés-avantage pour le vainqueur. MM. d’Haugwitz et de Lucchesini, privésde toute autorité, poursuivis d’injustes accusations, quelquefois acca-blés d’outrages, demandèrent et obtinrent leur démission. Le roi,