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plus équitable que la cour, la leur accorda avec des égards infinis,surtout pour M. d’Haugwitz, dont il n’avait pas cessé d’apprécier leslumières, de reconnaître les longs services, et dont il déplorait den’avoir pas toujours suivi les conseils.
Les Russes arrivaient en effet sur le Niémen . Un premier corpsde 50,000 hommes, commandé par le général Benningscn, avait passéle Niémen le 1 er novembre, et s’avançait sur la Vistule . Un second ,d’égale force, conduit par le général Buxhoewden, suivait le premier.Une réserve s’organisait sous le général Essen . Une partie des troupesdu général Michelson remontait le Dniester pour accourir en Pologne .Toutefois la garde impériale n’avait pas encore quitté Saint-Péters-bourg . Une nuée de cosaques, sortis de leurs déserts, précédaientles troupes régulières. Telles étaient les forces actuellement disponiblesde ce vaste empire, qui, pour la seconde fois, montrait que ses res-sources n’égalaient pas encore ses prétentions. Joints aux Prussiens,et en attendant la réserve du général Essen, les Russes pouvaient seprésenter sur la Vistule au nombre de 120,000 hommes. Il n’y avaitpas de quoi embarrasser Napoléon, si le climat ne venait apporteraux soldats du nord un redoutable secours : et par le climat nousn’entendons pas seulement le froid, mais le sol, la difficulté de mar-cher et de vivre dans ces immenses plaines, alternativement boueusesou sablonneuses, et plus couvertes de bois que de cultures.
Les Anglais , il est vrai, promettaient une puissante coopération enargent, en matériel, et même en hommes. Ils annonçaient des débar-quements sur différents points des côtes de la France et d’Allemagne ,et notamment une expédition dans la Poméranie suédoise, sur lesderrières de l’armée française , iis avaient, effectivement, un pied àterre fort commode dans la place inondée de Stralsund , située sur lesdernières langues de terre du continent allemand . Ce point était gardépar les Suédois, et tout préparé à recevoir les troupes anglaises dansun asile presque inviolable. Mais il était probable que l’empressementà s’emparer des riches colonies de la Hollande et de l’Espagne , maldéfendues en ce moment, à cause des préoccupations de la guerrecontinentale, absorberait l’attention et les forces des Anglais . Unedernière ressource, beaucoup plus vaine encore que celle qu’on atten-dait des Anglais , formait le complément des moyens de la coalition,c’était l’intervention supposée de l’Autriche . On se flattait que, si unseul succès couronnait les efforts des Prussiens et des Russes , l’Au-