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LIVRE XXVI.
triche se déclarerait en leur faveur ; et on comptait presque dansl’effectif des troupes belligérantes les 80,000 Autrichiens actuellementréunis en Bohème et en Gallicie .
Tout cela inquiétait peu Napoléon, qui n’avait jamais été plus rem-pli de confiance et d’orgueil. Le refus de l’armistice ne l’avait ni sur- ipris, ni contrarié. « Votre Majesté, écrivit-il au roi de Prusse, m’a fait» déclarer quelle s’était jetée dans les bras des Russes ... L’avenir fera» connaître si elle a choisi le meilleur parti, et le plus efficace... Elle» a pris le cornet, et joué aux dés ; les dés en décideront. »
Voici quelles furent les dispositions militaires de Napoléon, pourpénétrer en Pologne . Il n’avait rien d’immédiat à redouter du côtédes Autrichiens, ses préparatifs généraux en France comme en Italie ,sa diplomatie en Orient, ayant paré à tout ce qu’on pouvait craindrede leur part. Les débarquements des Anglais et des Suédois en Pomé- jranie, tendant à soulever sur ses derrières la Prusse souffrante, ?humiliée, présentaient un danger plus réel. Toutefois il n’attachaitpas même une grande importance à ce danger , car, écrivait-il à sonfrère Louis, qui l’importunait de scs alarmes, « les Anglais ont bienautre chose à faire que de débarquer en France , en Hollande, enPoméranie . Ils aiment mieux piller les colonies de toutes les nations,que d’essayer des descentes, dont ils ne retirent d’autre avantage quecelui d’être honteusement jetés à la mer. » Napoléon croyait tout auplus à une pointe des Suédois qui avaient 12,000 ou 13,000 hommesà Stralsund . En tout cas, le 8' corps confié au maréchal Mortier était Jchargé de pourvoir à ces éventualités. Ce corps, qui avait eu pour ipremière mission d’occuper la Hesse et de relier la grande armée avec |le Rhin, devait, maintenant que la Hesse était désarmée, contenir la tPrusse, et garder le littoral de l’Allemagne . Il était composé de quatredivisions : une hollandaise, devenue vacante par le retour du roi Louisen Hollande; une italienne, acheminée par la Hesse vers le Hanovre ;deux françaises, qui allaient se compléter avec une partie des régi-ments nouvellement tirés de France . Une portion de ces troupesdevait assiéger la place hanovrienne d’IIameln , restée aux mains desPrussiens, une autre occuper les villes hanséatiques. Le surplus, établivers Stralsund et Anklam , était destiné à ramener les Suédois dans? Stralsund, s’ils en sortaient, ou à se porter sur Berlin , si un accès dedésespoir s’emparait du peuple de la capitale.
Le général Clarke avait ordre de se concerter avec le maréchal