EYLAU.
169
Mortier pour parer à tous les accidents. On n’avait pas laissé un fusildans Berlin, et on avait transporté à Spandau tout le matériel mili-taire. Seize cents bourgeois fournissaient la garde de Berlin , avec huitcents fusils qu’ils se transmettaient, n’étant de garde que huit cents àla fois. Le général Clarke, s’il éclatait un mouvement de quelque,importance, devait se retirer à Spandau , et y attendre le maréchalMortier. Le vaste dépôt de cavalerie établi à Potsdam pouvait toujoursfournir un millier de chevaux pour faire des patrouilles, et saisir leshommes isolés qui couraient la campagne, depuis la dispersion de l’ar-mée prussienne. La prévoyance avait été poussée jusqu’à fouiller lesbois, alin de recueillir les canons que les Prussiens avaient cachés enfuyant, et de les renfermer dans les places fortes.
Le corps du maréchal Davoust, entré à Berlin avant tous les autres,avait eu le temps de s’y reposer. Napoléon l’achemina le premier surCustrin, et de Custrin sur la capitale du grand-duché de Posen . Lecorps du maréchal Augcrcau, arrivé le second à Berlin , et suffisammentreposé aussi, fut envoyé par Custrin et Landsberg sur la Netze, routede la Vislulc, avec la mission de marcher à gauche du maréchalDavoust. Plus à gauche encore le maréchal Lannes , établi à Stellindepuis la capitulation de Prenzlow, ayant un peu refait ses troupesdans celle résidence, renforcé du 28 ' léger, pourvu de capotes et desouliers, avait ordre de prendre des vivres pour huit jours, de franchirrOder, de passer par Stargard et Schncidinülil, et de se réunir à Au-gereau sur la Netze. Il est inutile d’ajouter qu’il ne devait pas quitterStettin sans avoir mis cette place eu état de défense. L’infatigableMurat enfin, laissant sa cavalerie revenir à petites journées de Lubeck ,avait ordre de se transporter de sa personne à Berlin , d’y prendre lecommandement des cuirassiers, lesquels avaient employé à se reposerle temps que les dragons avaient employé à courir après les Prussiens,de joindre aux cuirassiers les dragons de Beaumont et de Klein, lancésmoins avant que les autres à la poursuite de l’ennemi , et remontésd’ailleurs avec des chevaux frais dans le dépôt de Potsdam . Murat,avec celle cavalerie, devait se réunir au maréchal Davoust à Posen , leprécéder à Varsovie , et se mettre à la tête de toutes les troupes diri-gées sur la Pologne , en attendant que Napoléon vînt les commanderlui-même. Les Russes étant encore fort éloignés de la Vistule , Napo-léon se donnait le temps d’expédier à Berlin ses nombreuses affaires,et laissait à son beau-frère le soin de commencer le mouvement sur la