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LIVRE xxvr.

Pôlogne , et de souder les dispositions insurrectionnelles des Polonais.Personne n’était plus propre que Murat à exciter leur enthousiasmeen le partageant.

Tandis que l’armée française franchissant l’Oder allait s’avancer surla Vistule , le prince Jérôme, ayant sous son commandement les Wur-tembergeois et les Bavarois, secondé par un habile et vigoureux offi-cier, le général Vandamme, devait envahir la Silésie , en assiéger lesplaces, porter une partie de ses troupes jusqu’à Kalisch , et couvrirainsi contre l’Autriche la droite du corps qui marcherait sur Posen .

Les troupes dirigées sur la Pologne pouvaient monter à environ80,000 hommes, entre lesquels le corps du maréchal Davoust figuraitpour 52,000, celui du maréchal Augereau pour 17,000, celui du ma-réchal Lannes pour 18,000, le détachement du prince Jérôme envoyéà Kalisch pour 14,000, enfin la réserve de la cavalerie de Murat pour9,000 à 10,000. C’était plus qu’il n’en fallait pour faire face aux forcesrusses et prussiennes, qu’on était exposé à rencontrer dans le premiermoment.

Dans cet intervalle, les corps des maréchaux Soult et Bernadotte étaient en marche de Lubeck sur Berlin . Ils devaient séjourner quel-que temps dans cette capitale, s’y refaire , et s’y pourvoir de ce quileur manquait. Le maréchal Ney s’y était rendu après la capitulationde Magdebourg, et il s’apprêtait à marcher sur l’Oder. Napoléon , avecla garde impériale, avec la division de grenadiers et voltigeurs du géné-ral Oudinot, avec le reste de la réserve de cavalerie qui se reposait àBerlin, avec les trois corps des maréchaux Soult, Bernadotte et Ney,pouvait disposer d’une seconde armée de 80,000 hommes, à la tètede-laquelle il devait se transporter en Pologne , pour soutenir le mou-vement de la première.

Le maréchal Davoust, dirigé le premier sur Posen , était un hommeferme et réfléchi, duquel il n’y avait aucune imprudence à craindre. Ilavait été initié à la véritable pensée de Napoléon relativement à la Po-logne. Napoléon était franchement résolu à réparer le grave dommageque l’abolition de cet antique royaume avait causé à l’Europe ; mais ilne se dissimulait pas l’immense difficulté de reconstituer un Étatdétruit, surtout avec un peuple dont l’esprit anarchique était aussirenommé que la bravoure. Il ne voulait donc s’engager dans une telleentreprise qu’à des conditions qui en rendissent la réussite, sinon cer-taine, au moins suffisamment probable. Il lui fallait d’abord d’écla-