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suivre la cavalerie d’un pas égal, entra dans Varsovie . Ce fut la mêmeivresse, ce furent les mêmes démonstrations, à l’aspect de ces vieillesbandes d’Auerstædt, d’Austerlitz et de Marengo. Tout paraissait beaudans ce premier moment, où la prévoyance des difficultés était commeétoutfée par la joie et l'espérance !

Napoléon songeait sincèrement, comme nous l’avons déjà dit, à res-taurer la Pologne . C’était, dans sa pensée, l une des manières les plusutiles, les mieux entendues, de renouveler cette Europe dont il voulaitchanger la face. Lorsqu’en eifct il créait des royaumes nouveaux, pouren former les appuis de son jeune empire, rien n’était plus naturelque de relever le plus brillant, le plus regrettable des royaumes dé-truits. Mais, outre la difficulté d’arracher de grands sacrifices de ter-ritoire à la Russie et à la Prusse, sacrifices qu’il n’était possible de leurimposer qu en les battant à outrance, il y avait cette autre difficultéd’enlever les Gallicies à l’Autriche , et si on laissait ces provinces endehors, si ou se contentait de refaire la nouvelle Pologne avec les deuxtiers de l’ancienne, ou courait encore le risque très-grave d’inspirer aucabinet de Vienne, par celte reconstitution de la Pologne , un redou-blement de défiance, de haine, de mauvaise volonté, et d’amener peut-être une armée autrichienne sur les derrières de l’armée française.Napoléon ne voulait donc prendre avec les Polonais que des engage-ments conditionnels, et il était décidé à ne proclamer leur indépen-dance que lorsqu’ils l’auraient méritée par un élan unanime, par ungrand zèle à le seconder, par la résolution énergique de défendre lanouvelle patrie qu’on leur aurait rendue. Malheureusement la hautenoblesse polonaise , moins entraînée que le peuple, découragée par lesdifférentes insurrections qui avaient été essayées, craignait d’ètreabandonnée après s’être compromise, hésitait à se jeter dans les brasde Napoléon, et trouvait dans sa situation actuelle quelque chose demieux à faire que de s’insurger, pour recevoir des Français une exis-tence, indépendante mais dénuée d’appui, exposée à tous les périls,entre la Prusse, l’Autriche et la Russie . Cette haute noblesse, tombéeavec Varsovie elle-même sous le joug de la Prusse, éprouvait pourcette cour l’aversion que ressentaient tous les Polonais devenus Prus-siens. La plupart des membres de la noblesse de Varsovie eussentregardé comme un heureux changement de fortune de devenir sujetsd’Alexandre, à condition d’ètre reconstitués en corps de nation, etde jouer, sous l’empereur de Russie , le rôle que les Hongrois jouent