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LIVRE XXVI.

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sous l’empereur d’Autriche . Etre réunis en un peuple, et transmis d’unmaître allemand à un maître slave, leur semblait un sort presquesouhaitable, le seul du moins auquel il fallût aspirer dans les circon-stances présentes. C’était, aux yeux de beaucoup d’entre eux, secrète-ment influencés par les intrigues russes, l’unique reconstitution de laPologne qui fût praticable, car la Russie , disaient-ils, était près d’eux,et en mesure de soutenir son ouvrage, une fois entrepris, tandis quel’existence qu’on tiendrait de la France serait précaire, éphémère, ets’évanouirait dès que l’année française se serait éloignée. Sans douteil y avait quelques raisons de prudence à faire valoir en faveur de cetteidée d’une demi-reconstitution de la Pologne , née d’un demi-patrio-tisme : mais ceux qui formaient ce vœu oubliaient que, si l’existenceque la Pologne pouvait recevoir de la France était exposée à périrlorsque les Français repasseraient le Rhin, celle que les Russes luidonneraient était exposée à un autre danger, certain et prochain, audanger d’être absorbée dans le reste de l’empire, de subir en un motl’assimilation complète, résultat auquel la Russie devait tendre sanscesse, et quelle ne manquerait pas de réaliser à la première occasion,ainsi que les événements l’ont prouvé depuis. Il fallait donc, ou renon-cer à être Polonais, ou se dévouer à Napoléon, se dévouer à tout prix,à tout risque, avec toutes les incertitudes attachées à une telle entre-prise, le jour où ce puissant réformateur de l’Europe paraissait à Var-sovie . Certains motifs moins élevés agissaient sur la portion de lanoblesse qui accueillait avec froideur la délivrance de la Pologne parla main des Français , c’était la jalousie que lui inspiraient les géné-raux polonais formés dans nos armées, arrivant avec de la réputation,des prétentions, et un sentiment exagéré de leur mérite. Ces diversmotifs n’empêchaient pas cependant la généralité de la noblesse d’é-prouver une vive joie à la vue des Français ; seulement ils la rendaientplus prudente, et la portaient à faire des conditions à un homme auquelle patriotisme conseillait alors de n’en faire aucune. Mais les masses,plus unanimes, moins retenues par la réflexion, et en ce momentmeilleures, car il est un instant, un seul, où la raison ne vaut pasl’entraînement des passions, c’est celui où le dévouement même aveugleest la condition nécessaire du salut d’un peuple, les masses, disons-nous, voulaient qu’on se jetât dans les bras des Français , et y pous-saient tout le monde, peuple, nobles et prêtres.

Partagés entre ces sentiments contraires, les grands de Varsovie