EYLAU.
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s’empressèrent autour de Murat, et vinrent lui soumettre leurs vœux, nonpas à titre d’exigences, mais à titre de conseils, et dans le but, disaient-ils, de produire chez le peuple polonais un soulèvement universel. Cesvœux consistaient à demander que Napoléon proclamât immédiatementl’indépendance de la Pologne , ne se bornât pas à cet acte, mais choisitun roi dans sa propre famille, et le plaçât solennellement sur le trônede Sobieski. Cette double garantie leur étant donnée, ajoutaient-ils,les Polonais, ne doutant plus des intentions de Napoléon , de sa fermerésolution de soutenir son ouvrage, se livreraient à lui, corps et biens.Le roi à prendre dans la famille impériale était tout désigné, c’était cevaillant général de cavalerie, si bien fait pour être le roi d’une nation àcheval, c’était Murat lui-même, qui, en effet, nourrissait dans soncœur le désir ardent d’une couronne, et particulièrement de celle quis’offrait à lui en ce moment, car elle convenait autant à ses penchantshéroïques qu’à scs goûts frivoles et fastueux. Déjà même il avait accom-modé son costume à ce nouveau rôle , et il avait apporté de Paris lesvaines parures qui pouvaient donner à son uniforme français quelqueressemblance avec l’uniforme polonais.
La passion de régner, depuis qu’il avait épousé une sœur de Napo-léon , dévorait Murat. Cette passion, qui plus tard devint fatale à sagloire et à sa vie, avait redoublé grâce aux excitations de sa femme,encore plus ambitieuse que lui, et capable, pour atteindre le but deses vœux, d’entraîner son mari aux actions les plus coupables. A l’aspectde ce trône vacant de la Pologne , Murat ne pouvait plus contenir sonimpatience. Il n’eut donc pas de peine à partager les idées de la no-blesse polonaise, et se chargea de les communiquer à Napoléon . Lacommission cependant était difficile à remplir, car Napoléon , sans mé-connaître les qualités brillantes et généreuses de son beau-frère, avaitnéanmoins de la légèreté de son caractère une défiance extrême, et semontrait souvent pour lui un maître sévère et dur.
Murat devinait bien quel accueil Napoléon ferait à des idées qui con-trariaient sa politique, et qui auraient d’ailleurs l’apparence d’une pré-position intéressée. Aussi se garda-t-il de parler du roi désigné par lesPolonais;il se contenta d’exposer leurs idées d’une manière générale,et de faire connaître leur désir de voir l’indépendance de la Pologne immédiatement proclamée, et garantie par un roi français de la familleBonaparte .
Napoléon, pendant la marche de ses corps d’armée sur Varsovie ,
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