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EYLAC.

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micre, Kœnigsberg sur la seconde, remplies, à l’époque dont nousparlons, de ressources immenses, tant celles qu’on avait tirées du pays,que celles que les Anglais y avaient apportées et y apportaient tous lesjours. Dantzig , puissamment fortifiée, pourvue d’une nombreuse gar-nison, ne pouvait tomber que devant un long siège. Elle était, pourles Russes et les Prussiens, un point d’appui d’une grande importance,sur la basse Vistule,et rendait précaire notre établissement sur la hauteVistule , en permettant toujours à l’ennemi de passer ce fleuve sur notregauche, et de menacer nos derrières. Kœnigsberg, mal fortifiée , maïsdéfendue par la distance, renfermant les dernières ressources dela Prusse, en matériel, munitions, argent, soldats, officiers, était leprincipal dépôt de l’ennemi, et son moyen de communication avec lesAnglais. Entre Dantzig et Kœnigsberg s’étend le Frisclie-Haff, vastelagune, semblable aux lagunes de Venise et de Hollande, due à la causequi a produit tous les phénomènes de ce sol, à l’accumulation dessables, lesquels, rangés en un long banc parallèle au rivage, séparentles eaux fluviales des eaux maritimes, et forment ainsi une mer inter-médiaire. C’est le même phénomène qui se remarque à l’embouchurede l’Oder sous le nom de Grosse-Hatf, et à l’embouchure du Niémen ,sous le nom de (Îurischc-Haff. Indépendamment de Dantzig et de Kœ-nigsberg, d’autres villes commerçantes, Mariembourg, Elbing , Brauns-berg, situées autour du Frische-HatF, présentent une ceinture de citésriches et populeuses. C’était là le dernier débris de la monarchie prus-sienne, resté à Frédéric-Guillaume . Ce monarque, placé de sa personneà Kœnigsberg, avait ses troupes répandues entre Dantzig et Kœnigs-berg , se liant aux Russes du côté de Thorn. Il défendait ainsi le ver-sant maritime avec 50,000 hommes, garnisons comprises. Les Russes ,avec 100,000, occupaient le versant intérieur, adossés à des forêtsépaisses, et couverts par l’Ukra et la Narew , rivières qui, en se réunissantavant de se jeter dans la Vistule , décrivent un angle dont le sommetvient s’appuyer sur ce grand fleuve, un peu au-dessous de Varsovie .

Deux combinaisons étaient possibles de la part des coalisés. Ils pou-vaient se réunir en masse vers la mer, pour profiter des nombreuxpoints d’appui qu’ils possédaient sur le littoral, surtout de Dantzig ,et, passant la basse Vistule , nous obliger à repasser la haute, si nousne voulions pas être tournés. Ils pouvaient encore, abandonnant auxPrussiens le soin de garder la mer, et communiquant entre eux parquelques détachements placés sur la ligne des lacs, porter les Russes