EYLAU.
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Il entra la nuit dans la capitale de la Pologne , pour éviter les dé-monstrations bruyantes, car il ne lui convenait pas de payer quelquesacclamations populaires par des engagements imprudents. Le PolonaisWibiski l’avait précédé, et avait employé tout son esprit à persuader àses compatriotes qu’ils devaient se dévouer à Napoléon, avant d’exigerqu’il se dévouât à eux. Beaucoup d’entre eux s’étaient rendus auxbonnes raisons qu’il leur donnait. Le prince Poniatowski, neveu dudernier roi, prince jeune, brillant et brave, espèce de héros endormidans la mollesse, mais prêt à s’éveiller au premier bruit des armes,était du nombre de ceux qui s’étaient offerts pour seconder les projetsde Napoléon. Lecomte Potocki, le vieux Malakouski, maréchal del’une des dernières diètes, et d’autres venus à Varsovie , s’étaientréunis autour des autorités françaises, pour concourir à former un gou-vernement. On avait composé une administration provisoire, et toutcommençait à marcher, sauf les tiraillements inévitables entre genspeu expérimentés, et fort enclins à la jalousie. On levait des hommes,on organisait des bataillons, soit à Varsovie, soit à Posen . Napoléon,afin de venir en aide au nouveau gouvernement polonais , l’avait tenuquitte de toute contribution, moyennant la fourniture des vivresd’urgence. Du reste, la haute société de Varsovie montrait pour lui unempressement extraordinaire. Toute la noblesse polonaise avait quittéses châteaux, pressée quelle était de voir, de saluer le grand homme,autant que le libérateur de la Pologne .
Arrivé dans la nuit du 18 au 19, Napoléon voulait monter à chevalle 19 au matin pour aller reconnaître lui-même la situation du maré-chal Davoustsur la Narew . Mais un brouillard épais l’en empêcha. Ilfit ses dispositions pour attaquer l’ennemi du 22 au 2ô décembre. « Ilest temps, écrivait-il au maréchal Davoust, de prendre nos quartiers
droite de la Narew , et nous sur la rive gauche. Indépendamment de Praga, nousavons deui têtes de pont : une à Modlin. l’autre sur la Narew . à l’embouchure del’Ukra. Nous avons Thorn. et une armée à vingt lieues en avant qui manœuvre surl’ennemi. Toutes ces nouvelles sont pour vous. U est possible que d’ici à huit joursil y ait une affaire qui finisse la campagne. Prenez vos précautions pour qu’il n’yait aucun fusil ni à Berlin ni dans les campagnes, que Spandau et Custrin soienten bon état, et que partout on fasse un bon service.
Ecrivez à Mayence et à Paris , pour dire seulement que vous écrivez, qu’il n’y arien de nouveau, ce qu’il faut faire, en général, tous les jours, quand il ne passepas de mes courriers : cela déconcerte les mauvais bruits.
Napoléon.