Band 
[7. - 8.]
Seite
196
JPEG-Download
 

196

LIVRE XXVI.

d’hiver ; mais cela ne peut avoir lieu qu’après avoir repoussé lesRusses . »

Les quatre divisions du général Benningsen se présentaient lespremières. La division du comte Tolstoy , posée à Czarnowo , occu-pait le sommet de l’angle formé par la réunion de l’Ukra et de laNarew . La division du général Sedmaratzki, placée en arrière versZebroszki, gardait les bords de la Narew . Celle du général Saken,placée aussi en arrière vers Lopaczym, gardait les bords de l’Ukra. Ladivision du prince Gallitzin était en réserve à Pullusk. Les quatre di-visions du général Buxhoewden se trouvaient à grande distance de cellesdu général Benningsen, et peu en mesure de les soutenir. Deux can-tonnées à Popowo observaient le pays entre la Narew et le Bug. Deuxautres campaient plus loin encore, à Makow et Ostrolenka . LesPrussiens , repoussés de Tliorn, étaient sur le cours supérieur del’Ukra, vers Soldau, liant les Russes à la mer. Comme nous l’avonsdit, les deux divisions de réserve du général Essen n’étaient pas encorearrivées. La masse totale des coalisés destinée à entrer en action étaitde 115,000 hommes.

Il est facile de reconnaître que la distribution des corps russes n’étaitpas heureusement combinée dans l’angle de l’Ukra et de la Narew ,et qu’ils y avaient trop peu concentré leurs forces. Si au lieu d’avoirune seule division à la pointe de l’angle, et une sur chaque côté à tropgrande distance de la première, enfin cinq hors de portée, ils s’étaientdistribués avec intelligence sur ce sol si favorable à la défensive, qu’ilseussent occupé fortement le confluent d’abord, puis les deux rivières,la Narew de Czarnowo à Pultusk , l’Ukra de Pomichowo à Kolozomb,qu’ils eussent placé en réserve dans une position centrale, à Nasielsk par exemple, une masse principale prête à courir au point menacé,ils auraient pu nous disputer le terrain avec avantage. Mais les géné-raux Benningsen et Buxhoewden ne s’aimaient guère, ne cherchaientpas le voisinage l'un de l’autre, et le vieux Kamenski, arrivé de laveille, n’avait ni l’esprit ni la volonté nécessaires pour leur prescrired’autres dispositions que celles qu’ils avaient adoptées, en suivantchacun leur goût.

Napoléon, qui ne voyait la position des Russes que du dehors,jugea bien qu’ils étaient retranchés derrière la Narew et l'Ukra pour engarder les bords, mais sans savoir comment ils y étaient établis etdistribués. Il pensa qu’il fallait d’abord leur enlever le confluent , où il