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LIVRE XXVI.

dü terrain, deux bataillons en réserve, et toute leur cavalerie en arrière.Napoléon, rendu dans l’ile, monta au moyen d’une échelle sur le toitd’une grange, étudia avec une lunette la position des Russes , et ordonnasur-le-champ les dispositions suivantes. Il répandit une grande quan-tité de tirailleurs tout le long de l’Ukra, et fort au-dessus du point depassage. Il leur prescrivit de tirailler vivement, et d’allumer de grandsfeux avec de la paille humide, pour couvrir le lit de la rivière d’unnuage de fumée, et faire craindre aux Russes une attaque au-dessus duconfluent vers Pomichowo. Il dirigea même de ce côté la brigade Gau-thier, du corps de Davoust, afin d’y attirer davantage l’attention del’ennemi. Tandis que ces ordres s’exécutaient, il réunit à la chute dujour toutes les compagnies de voltigeurs de la division Morand, sur lepoint projeté du passage, et leur ordonna de tirer d'une rive à l’autre,?i travers les touffes de bois, pour écarter les postes ennemis, tandisque les marins de la garde remonteraient les barques réunies dans laNarew . Le 17 e de ligne et le 13' léger étaient en colonne, prêts à s’em-barquer par détachements, et le reste de la division Morand était masséen arrière, afin de passer quand le pont serait établi. Les autres divi-sions du corps de Davoust attendaient au pont d’Okunin le momentd’agir. Lannes s’avançait à grands pas de Varsovie sur Okunin.

Bientôt les marins de la garde amenèrent quelques barques, à l’aidedesquelles on transporta plusieurs détachements de voltigeurs d’unerive à l’autre. Ceux-ci, s’enfonçant dans le fourré, en écartèrent l’en-nemi. pendant que les officiers pontonniers et les marins de la gardeétaient occupés à jeter en tonte hâte un pont de bateaux. A sept heuresdu soir, le pont étant devenu praticable, la division Morand le franchiten colonnes serrées, et marcha en avant, précédée par le 17* de ligne,par le 13” léger, et par une nuée de tirailleurs. On s’avançait couvertpar la nuit et les bois. Les sapeurs des régiments frayaient dansl’épaisseur du fourré un passage à l’infanterie. A peine eut-on franchices premiers obstacles, qu’on se trouva à découvert, en présence duplateau élevé qui régnait de la Narew à l’Ukra, et qui était défendusoit par des abatis, soit par une nombreuse artillerie. Les Russes , àtravers l’obscurité de la nuit, ouvrirent sur nos colonnes un feu nourride mitraille et de mousqueterie, qui nous fit quelque mal. Tandis qu«les voltigeurs de la division Morand et le 15 e léger s’approchaient entirailleurs, le colonel Lanusse, à la tète du 17 e de ligne, se forma encolonne d’attaque sur la droite, pour enlever les batteries russes. Il en