Band 
[7. - 8.]
Seite
207
JPEG-Download
 

ETLAU*

207

ment traînées jusqu’au lieu du combat. Elle donna contre l’extrêmedroite des Russes , et sur la pointe de l’angle que présentait leur lignerepliée. Le général Daultanne , qui ce jour-là commandait la divisionGudin , après quelques volées de canon, se lorma en échelons par sagauche, et marcha résolùment à l’ennemi, en prévenant le maréchalLannes de son entrée en action. Son attaque obtint un effet décisif, etforça les Russes à se replier. Mais cette division, déjà séparée par desbois du*corps de Lannes , agrandit en s’avançant l’intervalle qui l’enséparait. Une rafale de vent, qui portait la pluie et la neige au visagede nos soldats , soufflait en cet instant. Les Russes , par une supersti-tion de peuple du Nord, qui leur fait voir dans la tempête un augurefavorable, coururent en avant, avec des cris sauvages. 11 se jetèrentdans l’intervalle laissé entre la division Gudin et le corps de Lannes ,ramenèrent l’une et débordèrent l’autre. Leur cavalerie se précipitadans la trouée, mais le 54', du côté de la division Suchet, le 85', ducôté de la division Gudin, se formèrent eu carré, et arrêtèrent toutcourt celte charge, qui était plutôt de la part des Russes une démon-stration pour couvrir leur retraite qu’une attaque sérieuse.

Les Français avaient donc sur tous les points conquis le terrain quidomine Pultusk , et il ne leur restait plus qu’un dernier effort à fairepour précipiter les Russes dans la Narew , lorsque le général Ben-ningsen, profitant de la nuit, déroba son armée, en la faisant passerpar les ponts de Pultusk . Tandis qu’il donnait ses ordres de retraite,Lannes, plein d’ardeur, rassuré par l’arrivée de la division Gudin , déli-bérait s’il fallait livrer immédiatement la seconde attaque, ou laremettre au lendemain. L’heure avancée, la difficulté de communiquerdans ce chaos de boue, de pluie, d’obscurité, décidèrent la remise ducombat. Le lendemain la brusque retraite des Russes enleva aux Fran-çais le prix mérité de leur lutte audacieuse et opiniâtre.

Ce combat acharné, où 18,000 hommes avaient été pendant touteune journée en présence de 45,000, pouvait certainement etre appeléune victoire. Grâce à leur petit nombre, à la supériorité de leur tac-tique, les Français avaient à peine perdu 1,500 hommes tués oublessés. (Nous parlons d’après des états authentiques.) La perte desRusses , au contraire, s’élevait en morts ou blessésà plus de 5,000hom-mes. Us nous laissèrent 2,000 prisonniers, et une immense quantitéd’artillerie.

Cependant le général Benningsen, rentré dans Pultusk , écrivit à son